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Noah, 1983 : le travail d’une vie

40 ans. Depuis son sacre à Roland-Garros en 1983, Yannick Noah est toujours l’unique français vainqueur d’un simple messieurs en Grand Chelem dans l’ère Open. L’occasion pour lui de raconter, dans un livre écrit avec Antoine Benneteau, son histoire. Celle tracée avec ses amis de toujours, pour traverser de grands moments de doutes et de joies, le racisme ordinaire, aussi, jusqu’à devenir hors du commun. Et unique dans l’histoire du tennis masculin tricolore. Parce qu’il a travaillé comme un acharné pour y arriver.

« Il (Mats Wilander, ndlr) m’a dit un jour que je lui devais tout : “Si j’avais fait l’inverse, c’est-à-dire gagné contre toi et perdu contre Leconte en 1988 (en finale de Roland-Garros, ndlr), tu serais à la rue, en fait. Tu ferais moins le malin, hein ?” C’est vrai, mais ça ne s’est pas passé comme ça… (rires) »

Dans 1983, écrit avec Antoine Benneteau et publié pour les 40 ans de sa victoire à Roland-Garros, Yannick Noah a livré cette anecdote de pensée uchronique. Une citation entrée dans la légende de tout ce qui a entouré son titre à Paris, glané face à Mats Wilander. Et comme dans toute belle histoire, le vrai s’est parfois mélangé au romancé. « Je connais cette rumeur (la citation, ndlr), mais ce n’est pas de moi, a déclaré le Suédois à GQ en 2016. Enfin je ne crois pas. Je crois que c’est Henri (Leconte, ndlr) qui colporte ça, mais bon… Ceci dit, ça reste une question intéressante. » Ce qui est sûr, pour faire dans le poncif, c’est que ce succès a totalement mis la vie de Noah sur une autre chemin.

Un voie qu’il n’a pas prise par hasard, au détour d’une promenade. Non. Il l’a tracée lui-même. Dès son enfance. En travaillant plus dur que les autres. Né à Sedan avant de grandir au Cameroun, pays natal de son paternel, à partir de ses 2 ans, le surnommé « Yann’ » est revenu en France à 12 printemps. Grâce à l’œil aiguisé du monument Arthur Ashe, qui, lors d’une tournée d’exhibitions en Afrique, est passé par Yaoundé en février 1971. « Arthur était très surpris de voir un petit métis jouer au tennis, parce qu’en fait tous les gamins qui jouaient à l’époque étaient blancs, s’est remémoré Noah dans son livre. J’étais le plus petit des participants. : les autres devaient avoir 15, 16 ans, et moi je n’avais pas plus de 11 ans. »

« Quand j’arrive sur le court, je l’entends qui dit : “Hé ! Le petit, il faut qu’il joue, là, a-t-il continué. Comme je touchais ma bille, dès que j’ai tapé ma première balle, les gens se sont mis à hurler. Arthur était tellement heureux : il avait découvert un môme en Afrique ! Je termine l’exhibition, et là, il me file sa raquette. À l’époque, la Head Arthur Ashe, c’était deux mois de salaire de mes parents. » Le lendemain, le petit Yannick, accompagné par son père, a filé à l’aéroport pour dire au revoir à son idole : « “Encore toi !” Il a attrapé le poster et a écrit : “To Yannick, I hope to see one day in Wimbledon”. » Sept ans plus tard, le « môme » jouait Wimbledon en double associé à son héros. Celui qui l’avait recommandé à Philippe Chatrier, alors président de la Fédération français de tennis, après sa visite au Cameroun.

Arthur Ashe (à gauche) et Yannick Noah à Wimbledon (© Art Seitz)

« Je me suis fixé un objectif : “Un jour, Sylvie, elle va me voir. Il faut que je me défonce.” »

Entraîné au tennis-études de Nice, le très jeune Noah a vite fait forte impression. « Patrice Beust (alors responsable du tennis-études de Nice, ndlr) m’avait prévenu : “Tu vas voir, Yannick est incroyable parce qu’il veut tout le temps jouer”, n’a pas oublié Patrice Hagelauer, devenu ensuite le coach de Noah à partir 1977, jusqu’en 1989 et son remplacement par Dennis Ralston… l’ancien entraîneur d’Ashe. “Tu termines le soir, à la nuit tombée, tu pars pour le vestiaire et lui, il est encore sur le court, il fait des services.” C’est aussi ce que j’ai constaté, je ne le forçais à rien, mais chaque fois qu’on terminait les séances, il continuait à s’entraîner. C’est un trait de caractère que j’ai pu noter très tôt, et qui a perduré tout au long de sa carrière : durant les tournois, en tournée, partout, tout le temps, il s’entraînait. Yannick était toujours le premier sur terrain et le dernier à le quitter. il voulait y arriver et faisait tout pour. »

En plus de ses ambitions de joueur de tennis, Noah a toujours su se trouver des motivations supplémentaires. Être remarqué des femmes, par exemple, comme il l’a plusieurs fois confié au cours de diverses interviews. En commençant par les filles, lors de ses jeunes années en Côte d’Azur. « Il y avait cette fille qui était inscrite au club, n’a-t-il pas oublié. Elle était trop belle pour moi, et j’étais hyper timide. Alors je me suis fixé un objectif : “Un jour, Sylvie, elle va me voir. Il faut que je me défonce.” Je me suis mis à m’entraîner tout le temps : le week-end, pendant que les autres étaient avec leurs parents ; le matin, en me levant plus tôt et en travaillant mon service tout seul pendant 45 minutes. Je me planquais pour qu’on ne me voie pas. Pareil : deux footings étaient programmés par semaine ; moi, en douce, quand la séance était terminée, j’allais courir. À la fin de la semaine, je m’étais entraîné environ 12 heures de plus que les autres. »

Service et physique, deux de ses points forts majeurs au cours de sa carrière. Tout sauf un hasard, et un peu grâce à Sylvie. « [Et un] jour, j’ai demandé à Sylvie si elle voulait jouer le mixte avec moi, a-t-il écrit. Elle a accepté. C’était cool. La motivation, on ne sait jamais d’où ça vient. Souvent tu joues pour faire plaisir à tes parents ou ne pas les décevoir. Et un jour, tu as envie d’exister. » Avant ces 20 ans, Noah a acheté « une maison dans l’Essonne avec un peu de terrain » pour « [s]’éloigner de Paris et tous ses pièges. » « Je me suis fait construire un court de tennis, une salle de gym, a-t-il détaillé. Personne ne faisait ça à l’époque. » La bâtisse en pierre, située à Nainville-les-Roches, est devenue son camp de base. Notamment avant Roland-Garros 1983.

Yannick Noah, dans les bras de son père, Zacharie, après son titre à Roland-Garros en 1983 (© Art Seitz)

« Franchement, je pense que, physiquement, ce n’était pas possible de faire ce qu’il a fait. » – Patrice Hagelauer, coach de Yannick Noah

« À l’entraînement, les efforts qu’il a fournis, c’était incroyable, a révélé Patrice Hagelauer pour les besoins du bouquin. Physiquement, il se donnait à fond. Quand on rentrait des entraînements, le soir, vers 17h30, 18 heures, il allait courir avec ses deux chiens encore une demi-heure, trois quarts d’heure, parfois même plus, dans les champs, comme ça. Puis il enchaînait avec des exercices physiques, des étirements. Ensuite, il s’enfermait dans le sauna. (…) Franchement, je pense que, physiquement, ce n’était pas possible de faire ce qu’il a fait. C’était impossible. Et très risqué. (…) Je n’avais qu’une peur, c‘était qu’il se blesse. (…) Alors, parfois, j’y allais mollo. Et Yann s’en rendait compte : “Mais qu’est-ce que t’as ? Fais-moi des lobs plus hauts, plus difficiles !” »

Comme à tout être humain, il est parfois arrivé à Noah de « déconner ». Même les machines ne sont pas infaillibles. Le 30 mars 1983, alors qu’il devait affronter Manuel Orantes à Monte-Carlo, Noah est sorti festoyer. Au point de rentrer à 5 heures du matin. « Ça va, je joue le vieil Espagnol, je vais lui mettre une branlée », croyait-il. Mais non. Défaite 2-6, 7-6, 6-3. Hagelauer en a été furibard. Non pas pour la défaite, mais par rapport aux objectifs et à la rigueur fixés en vue de RG. « On ne s’est pas engueulé, je me suis fait engueuler, a raconté Noah. Il avait raison. On avait commencé à se préparer (pour Roland-Garros) et à Monte-Carlo, j’ai déconné. (…) C’est drôle comme parfois des problèmes peuvent devenir des opportunités. Je pense que ça a été une vraie piqûre de rappel : non seulement j’avais déconné, mais en plus je risquais de perdre mon pote entraîneur. On était à deux dans ce projet et je le plantais. »

« C’est à ce moment-là, après la déconnade et l’engueulade qui a suivi, que j’ai fait ce que je n’avais jamais fait de ma vie, à savoir penser à un objectif, Roland-Garros, deux mois avant et tout le temps, a-t-il ajouté. Et je ne l’ai plus jamais fait après ! » Parce qu’après avoir gravi les sept marches de son ascension vers la gloire à « Roland », Noah avait atteint tous ses objectifs. « Gagner n’était plus une obsession, a-t-il expliqué. Une fois que tu as la bagnole qui va bien, une fois que t’as offert la bagnole à Hagel’, une fois que tu as offert une maison à ta mère, une fois que tu as gagné pour toutes ces raisons, pourquoi tu te réveilles le matin ? » Si dans certains pays, comme les États-Unis, la Suède, l’Australie ou encore la République tchèque, il fallait remporter plusieurs titres du Grand Chelem pour devenir le meilleur de l’histoire dans l’ère Open, en France, ce que le grand « Yann » avait accompli faisait déjà de lui le meilleur.

« Pour me faire un nom, devenir 10e mondial, c’était suffisant, a analysé, toujours dans le livre, celui qui s’est hissé jusqu’au 3e rang, en 1986. Il fallait que je batte Tulasne et Leconte, pas pareil (que dans d’autres pays, ndlr)… Quand j’ai gagné Roland, j’étais le dieu de la France. C’est cool, mais ce n’est pas facile d’aller t’entraîner quand tout le monde t’applaudit alors que toi, à l’intérieur, tu sais qu’aujourd’hui tu n’as pas assuré. C’était vraiment épuisant à l’intérieur. » Et aujourd’hui encore, quatre décennies plus tard, on continue de l’applaudir. Parce qu’il le mérite.

La « Carlosmania » s’invite à Paris

© Babolat

Le jeudi 25 mai, Babolat organise un événement insolite au Lagardère Racing Club pour promouvoir sa nouvelle gamme de raquettes dédiée aux très jeunes joueurs. Une trentaine d’enfants a eu la chance d’échanger des balles avec Dominic Thiem et Carlos Alcaraz, mais aussi d’être conseillés par Toni Nadal. 

Il est 15h30 au cœur du Bois de Boulogne. Au-dessus du Lagardère Racing Club, le ciel est bleu et le soleil scintille. Les tribunes du court central se remplissent à une vitesse folle. Adultes, adolescents, enfants. Tous se ruent sur les sièges disponibles autour du terrain encore vide. Pour l’instant, il n’est occupé que par du matériel de tennis : raquettes de toutes les couleurs, sacs, balles, cordages… Un groupe d’enfants, vêtu de Babolat de la tête aux pieds pour l’occasion, entre alors sur le court. Chacun choisi une raquette avant de se regrouper pour écouter les instructions. Lorsqu’on leur annonce que des joueurs professionnels sont sur le point d’arriver, les enfants se regardent et s’exclament. 

À l’écart de la foule, des groupes de jeunes déambulent dans les allées. Ils observent les différents courts et interrogent l’équipe Babolat : « Carlos Alcaraz viendra vraiment ? », « Sur quel court jouera Carlos vous pensez ? », « Vous savez à quelle heure Carlos Alcaraz arrivera ? » Les questions se multiplient au sujet du jeune prodige espagnol. 

Dans les gradins, l’enthousiasme n’est pas moindre. L’échauffement des enfants ne passionne pas le public. Tandis que les heureux sélectionnés frappent des coups droits et des revers, les spectateurs se questionnent sur l’arrivée des joueurs. Certains débattent sur les horaires : « C’est normal qu’ils soient en retard, ils préparent Roland-Garros » ; d’autres se réjouissent du moment qu’ils s’apprêtent à vivre. Un père tout souriant, assied ses deux enfants sur ses genoux. Il sort son téléphone avec une image de Carlos Alcaraz croquant le trophée de l’US Open. « Lui, c’est le numéro un mondial. Vous allez le voir tout à l’heure », dit-il en pointant du doigt le joueur de tout juste 20 ans. 

Après une quinzaine de minutes d’échauffement, les enfants s’arrêtent. On leur annonce alors l’arrivée de Toni Nadal. Ce dernier entre sur le court vêtu d’un polo et d’un survêtement bleu marine de la Rafa Nadal Academy. Il profite des questions de l’équipe Babolat pour taquiner son neveu : « Pour gagner un match de tennis aujourd’hui, il faut frapper la balle le plus fort possible et avoir une bonne technique. Surtout, n’imitez pas Rafael [Nadal], qui fait des choses trop compliquées ». Les enfants rient puis assaillent Toni de questions. Ce dernier sourit et rappelle son mantra : « La seule chose qui permet de gagner est le travail, pas le talent ».

© Babolat

Ce premier moment d’extase pour les enfants est suivi de longues minutes d’attente. Ils vident le court central pour aller courir. Tandis que l’oncle de Rafa discute avec les entraineurs du Lagardère Racing Club, le public se tait. Malgré le silence, l’excitation des spectateurs est bien palpable. Les têtes se tournent, les jambes s’étirent. Chacun attend de voir apparaitre le plus jeune numéro un mondial de l’histoire du tennis. 

Soudain, un brouhaha émane de la foule. Dominic Thiem et Carlos Alcaraz entrent sur le court. Les enfants restent bouche bée ; le public s’empresse de filmer ce moment unique. Les deux joueurs, sourire aux lèvres, frappent dans les mains des petits fans qui les entourent. L’Espagnol reste sur le central avec une partie des enfants tandis que l’ancien numéro trois mondial part sur le second court avec les autres. Le public ne se déplace pas. 

L’Autrichien joue avec une petite dizaine d’enfants à l’abri des regards. Seuls quelques membres de l’équipe Babolat et de rares fans l’ont suivi. Situé au milieu du court, il renvoie les balles frappées par ses jeunes adversaires. Dès que l’un des enfants joue un beau coup, il crie « Bravo ! ». 

Dans les tribunes du court central, l’ambiance est excitante. Les spectateurs s’imaginent à un match de tennis professionnel. Carlos échange des balles avec une fillette d’une dizaine d’années. À chaque coup réussi, le public s’émerveille. Le jeune espagnol profite du moment présent. Son sourire ne quitte jamais ses lèvres. Dès qu’un enfant frappe un coup gagnant, il s’esclaffe de rire et le félicite. 

© Babolat

Les deux champions finissent par jouer côte à côte sur le central. Les enfants défilent de l’autre côté du terrain. Ces derniers essayent de remporter le point tandis que les deux joueurs renvoient les balles avec douceur. Hannah, 9 ans, raconte : « C’est incroyable car c’est la première fois que je joue avec des grands joueurs. En plus, j’ai renvoyé pas mal de balles, j’ai carrément gagné le point ». Le public, excité de voir ces stars d’aussi près, en profite pour les acclamer. Des « Carlitos ! » et « Domi ! » s’échappent des gradins. Quelques enfants émerveillés parviennent même à démarrer des chants et des holàs. 

Chaque spectateur quitte les tribunes avec un air enjoué tandis que Carlos, Dominic et l’oncle Toni répondent aux questions des quelques journalistes présents. Peu importe l’interlocuteur, les interrogations à propos du numéro un mondial dominent. L’Autrichien l’annonce comme net favori à Roland-Garros tandis que le directeur de la Rafa Nadal Academy hésite avec Novak Djokovic : « Quand on est numéro un mondial, qu’on a gagné à Madrid, qu’on a gagné à Barcelone, on est favori. Il n’y a pas beaucoup de joueurs qui peuvent battre Carlos – ce n’est pas facile. Je crois qu’il est favori avec Djokovic ». 

Comme à son habitude, le principal intéressé est demeuré modeste. Lorsqu’on lui demande comment il appréhende son statut de favori à Roland-Garros, il répond tout simplement : « Je ne pense pas être le favori. Une longue liste de joueurs, dont je fais partie, peuvent gagner le tournoi. Je vais essayer de m’amuser et de ne pas trop penser au titre. Je veux montrer mon meilleur tennis ».

À l’issue de cet après-midi ensoleillé, les spectateurs rentrent chez eux et les professionnels retournent Porte d’Auteuil. Le Grand Chelem n’avait pas encore commencé ; les espoirs étaient encore grands. Après trois jours de tournoi, Dominic Thiem et Félix Auger-Aliassime, l’élève de Toni Nadal, ont été éliminés. Pour le plus grand bonheur de ses supporters, Carlos Alcaraz, quant à lui, poursuit sa quête d’un deuxième titre en Majeur.

© Babolat

The Re-emergence of Tennis in Iraq

In a country coming back from a brutal war,

tennis is becoming competitive again

Driving past the Nineveh Plains and then through the Zagros mountains, a sharp left on a Tuesday night in late November leads visitors over a bridge and then past the Dohuk Sports Club. The floodlights gleamed brightly next to the stadium for the Duhok FC, the local football club. But instead of a soccer pitch, these beacons in the night lit a dusty red court for three boys — “brothers” they called themselves — playing practice matches in preparation for a tournament in Baghdad a week away. 

The Dohuk Sports Club, in Iraq’s Kurdish region, just a few kilometers from the former ISIS stronghold of Mosul, is one of the few places in Northern Iraq where girls and boys from around the region flock to play tennis. During the yearlong battle for Mosul in 2016, players flocked to Dohuk for lessons, for practice and for respite from the stress of daily life in war time. Now that the region is (relatively) stable, more and more come to learn the sport they watch on TV or to polish the skills they picked up while living in another country as expats or refugees. 

“Our parents enjoyed playing while we were living in Germany,” says Shihan Amedi, a bespectacled 16-year-old sitting on in the red, green and white stands, colored to symbolize the Kurdish flag. “And they taught me to play, and I played a lot over there.” 

“But they grew homesick and wanted to come back to Iraq. So I did.” 

Although the history of tennis in Iraq is intertwined with an English legacy of colonization and power struggles in the Middle East, the nation inherited from the Brits a well-organized civil service and its clubby traditions. Among the most prominent, the Alwiyah club — founded in 1921 by the British woman who practically drew Iraq’s borders, Gertrude Bell — still stands just a stone’s throw away from Firdaus Square (where Saddam Hussain’s giant bronze bust once stood) and hosts national tournaments on its seven courts of powdery, pebble-strewn clay. 

Gradually, tennis spread among the elite Kurds, pushed northward by the International Tennis Federation (ITF), which dispatched balls, racquets and then, as the security situation improved, tennis consultants to form Iraqi national teams for both the Davis and Federation Cups. Iraq eventually centralized a small national squad in Baghdad and paid its players with opportunities to coach civil servants and the professional classes. They, in turn, practiced at al-Shaab national stadium — the home of the Iraq national football team from 1966 until 2013. 

Tragedy struck in May 2006, when extremists shot Davis Cup coach Hussein Rashid, 35, and promising players, Nasser Hatem, 28, and Wissam Adel Audal, 25, as they dropped off their laundry in Baghdad — purportedly for wearing shorts (it was later discovered that a fatwa against professional athletes had been declared). Rashid was in his second year as national coach after a successful playing career that included five Davis Cup appearances. Hatem and Rashid were lifelong friends and played tennis together as children. Yet, surviving player, Akram Mustafa Abdulkarim, helped put together another team for the Davis Cup Group IV Asia/Oceania match for 2007. 

Many other tennis coaches and consultants have recommended pro players move to another country, such as Dubai or Morocco, which has invested heavily in the “prestige” sport, in order to stand a chance on the world stage.  And elsewhere in the country, tennis facilities remain few and far between: two courts at the Dohuk Sports Club, three courts in Peshmerga Park outside Erbil and one here or there, in cities that sound familiar from their names on the nightly news: Basra, Kirkuk, Sulaymaniyah and Karbala. 

However, hope springs eternal in the cradle of civilization. 

Realizing the untapped potential of both expats, refugees and nationals in a developing region, in 2020, Rafael Nadal opened his second academy in Kuwait, the country that Saddam invaded over oil rights in 1990. Nadal stated that he aimed to “help not only young talent here in Kuwait, but in the whole of the Middle East.” He added, however, “the principal and most important thing is that they grow with strong values that help them in sport, but also in the future and in the development of their personal and professional life,” thus casting some doubt that Grand Slam champions could be coming soon from the Gulf. 

But the boys playing in Dohuk — Amedi and his friends, Younis Mohamed and Ahand Sabah — might tell Nadal to not yet count out their countrymen. Iraq has several outstanding juniors coming up the ranks, including Nadal recruit Mohamad Rafa, 17-year-old Mohammed Abuzed Saber, and seasoned player, 28-year-old Adel Mustafa Al-Saedi — the latter two played on the Iraqi Davis Cup team in Turkmenistan last October. The team decisively defeated the richer, better equipped Oman team in the Asia/Oceania Group IV, but lost to neighboring Iran. Women, on the other hand, had a Federation (Billie Jean King) Cup team until 2014, but hasn’t been able to field one since. 

“Just when you have tournament for out of Iraq, (the federation) buys shoes and racquets and when you come back not winning, they say, why don’t you have better score, why, why, why?,” says Faris Ayad, a player and coach in Erbil. ” If you come and just practice, practice, practice, for what? Tournaments helps you figure out what you need to do. 

“But we need someone to support us. We need coordination and support and sponsors. We have a new federation president who seems to understand this now.”

Meanwhile, back in Dohuk, coach Avdal Hasan still trains two groups of about 30 female tennis players ages six to 25 two to three times a week. And Amedi and his friends, who often practice with the girls, still dream of putting Iraq’s flag up on the list of ITF, ATP or WTA rankings in the coming years. 

“Yes, there is very little motivation sometimes to keep tennis going — all the resources seem to go to football,” Amedi says. “But there is a core group of us who want to be standout players, who want to bring tennis back to Iraq stronger than ever.”

“Beating Nadal on clay is the ultimate test in tennis”

© Ray Giubilo

Tennis fans often jostle for the identity of the G.O.A.T, sniping at each other to get the verbal K.O. If there is plenty to spar over regarding the best male player of all time, the title for clay is less uncertain. For most, Rafael Nadal has floored the competition. He has almost claimed invincibility on the surface thanks to his abilities.

 

Hercules, in order to do his twelve labours, needed to accomplish some inhuman tasks—to slay the Nemean Lion, and slaughter the hydra of Lerna with its regrowing, doubling heads, and to capture Cerberus, the gigantic polycephalic dog-monster guarding the entrance to Hell—lucky he was born half-deity. In contemporary tennis terms, it is comparable to asking Nick Kyrgios to stifle his volcanic temper after a referee errs against him, (or to praise Casper Ruud’s tennis.) If the Greek hero went from myth into reality to live now, we could have fun finding him a pensum to match his legend. Could he rival with the trick shot and sheer spectacle of Kyrgios? Harder still: beating Rafael Nadal on clay, a fortiori claiming all three winning sets. 

“What does one feel when one confronts Nadal at Roland-Garros? It feels like you’re in the Sahara and you just see the hills and there’s no ending.” In 2006, Kevin Kim, former 63rd in the world, squashed 6/2, 6/1, 6/4 in the second round, burbled this mythologising image after having faced the man nicknamed “Rafa” on the crushed Parisian clay. 

And yet, at that moment, the myth was far from the monument, only then beginning to be built in the stadium of the Porte d’Auteuil, which it was going to become. Kim’s words are only a chapter. When he said this, the Spaniard, who was celebrating his twentieth birthday the next day, had only the one Grand Slam title, winning as a debutant last year at the French Open. His results, though, were already making him the ‘ogre de l’ocre’ with a gargantuan appetite. 

After his defeat against Gaston Gaudio in Buenos Aires in February 2005, he won 11 out of 12 tournaments fought on the surface, while coming out on top all four times in the Masters 1000. Only Igor Andreev, who appeared to make playing a faultless game his absolute goal, managed to stop him in Valencia. Over the years, the native of Manacor has written many annals full of triumphs and records. Of course, not only on the orange staining courts. He enters history as being more than a specialist on this terrain. But it is on here that he has established a domination without precedent.  To such a point that the rankings on the sandy surface have nearly become a list of his name, including in the eyes of his most prestigious rivals.  

‘It is difficult to manage the topspin of Nadal, it demands a little more to adapt to it’

Novak Djokovic

© Virginie Bouyer

“Beating Nadal on clay is the ultimate test in tennis,” Andy Murray has affirmed in several press conferences. An expression that he has not been the sole to repeat. “To confront Nadal on the central court of Roland-Garros, where he has had so much success, is the greatest challenge which exists,” declared Novak Djokovic in 2021. “On clay, it is still difficult to compete with him and to win some games,” analysed Stan Wawrinka after his defeat 6/2 6/3 6/1 in the final of the RG 2017. “It is less frustrating to play against Federer on grass, even if you no longer stand any chance of winning.” Dominic Thiem – who knew a fate similar to the Swiss, 6/4 6/3 6/2 – went a little further, “To play against Rafa on this court, it is always the ultimate test, one of the most difficult to overcome in sport in general.”

Before the 2023 season opened, the Majorcan of 22 Grand Slam titles has 474 victories for 45 defeats on clay since his debut on the main circuit. A win rate of 91.3% according to ATP’s data. A record in the Open era, in front of Roger Federer with 86.9% on grass and Bjorn Borg’s 86.1% on clay. In the best of 5 sets—Roland-Garros, Davis Dip., Masters 1000 finals and ATP 500 from 2006—he established a ratio still more astounding: 137 duels won, 3 lost. No one has done better, evidently. The three falls took place in Paris, opposite Robin Soderline in 2009, then Novak Djokovic in 2016 and 2021. And, at the Bois de Boulogne’s edge, he has won 112 meetings, succeeding 97.4% of the time. The highest percentage in the history of a major, in front Borg—who had a career much shorter—with 96.1% at Roland-Garros and 92.7% in Wimbledon.

His ability to spin the poor felt ball to delirium must be one of the greatest trumps that Nadal has in his winning hand on clay. The Balearic left hand, a maternal gift, has given power and topspin to his strikes creating a shot never seen until his arrival at the highest level. “From the first point of the match, he hit with such intensity, such enormous topspin,” explained Djokovic for the ATP, ahead of the Rome Masters the year past. “It is difficult to manage his shots, there is little time to adapt oneself.” If that absolute master of control admits that he needs several games to come to terms with the ‘bounce’ of Nadal, imagine the scale of the difficulty for others. 

Scaling down the ladder to average mortals, a non-professional player, although being very good, would have all the difficulties in the world to return his full topspin. This is exactly what Olivier Carlier, chief of tennis expert group Babolat, has experienced. “In November 2009, just before Bercy, Rafa came to Lyon for a first test of the RPM Blast strings,” this former 0 at the French ranking remembers. “There were three of us from Babolat each doing a session of 20 minutes with him. I have played against some players who have a beginning rank ATP, but against him, I truly had a sentiment of total powerlessness. The times where he put a lot of topspin and really powered through to the test the cord, he put me back two metres with no difficulty. The ball lept enormously. I felt crushed by the heaviness in the racquet. I was constantly cornered while taking the ball. I have a onehanded backhand, and it was impossible to hit.”

© Antoine Couvercelle

‘He (Rafael Nadal) remains the best mover on clay’

Roger Federer

Following further tests, the ‘bull’ like other of his colleagues adopted the RPM Blast of Babolat. Characterised by power and impact, it also brings him still a little more on his angles than his Pro Hurricane Tour that he was using formerly. According to Data Driven Sport Analytics, which Fabrice Sbarro (performance analyst working with some members of the top ten and top twenty) provided us, Nadal has flayed the ball with his forehand, in his three last years, by subjecting it to 2973 rotations per minute at least. Only Casper Ruud is higher on the tour, with 3081 rpm. Matteo Berrettini (2893 rpm), Federico Delbonis (2886 rpm) and Félix Auger-Aliassime (2863) complete the top.  On the backhand side, the former world number 1 is sixth in this ranking, with 2183 rpm. Behind Ruud (2353 rpm), Stan Wawrinka (2327 rpm), Marco Cecchinato (2310 rpm), Richard Gasquet (2221 rpm) and Stéfanos Tsitsipás (2200 rpm). Note that only the Norwegian managed to get ahead of those hitting with one arm in this area.

This washing machine of a forehand, spinning his opponents until the last drop of sweat, was acquired thanks to a peculiar technique. A gesture nearly iconoclastic for the purists of which his mentor is one. “I didn’t like the lasso forehand of Rafael, I always preferred the classic style,” declared Toni Nadal during a conference at the university of Vigo in March 2019. “He began to play this way young, to annoy the adversaries who were older than him, he won some titles and it is for this that we continued to use this shot. But I have never encouraged it. I have not tried to form it. If I was able to choose, I would prefer to see it hit like Federer.” Even now, he has not change his opinion. “If you watch Rafael in training, he does a classic forehand, without finishing above his head,” he told us. “Yes I prefer this. But the truth is that, in order to play at Roland-Garris (and on clay), it is better to put more topspin. Which is easier to do with Rafael’s style.” 

Being left-handed also played its part in the impact of this weapon with its unbelievable bounce on the back-hand of righthanders. A living nightmare and above the shoulder for those who hit onehanded. For the two-handers, it is the lesser reach on the cross-court shots which can pose problems as they escape towards the sides thanks to the lateral effect of Nadal’s shot. Furthermore, he has been able to count on a little more technology to optimise his impact. The racquet Babolat Aeropro Drive that he began to use at 17 has been conceived especially to give extra whip on his lasso, as related in the article Pure Aero : une raquette qui fait effet, published in Courts 13. 

He is not alone in creating this bending effect (which among righthanders falls on the forehand). One does it by hitting the ball a little on one side (brushing it) his uncle has told us. It opens up a little the court. On clay, it is common knowledge that the cross-court shot is more efficient than on other surfaces. “Thus you try to repeat it very often to do it a little better each time,” explains his uncle. To become “the king of the earth” the protégé of Carlos Moyà has been able to rely on another aspect of his game. “He remains the best mover on clay,” analysed Roger Federer in front of journalists at Indian Wells in 2018. “He will most probably always be the best player in history on this surface.” From the first, he appeared to have escaped from a video game. A character playing in cheat mode, such is his velocity, succeeding from unhopeful defence.

© Antoine Couvercelle

Rafa voit quand je vais faire une amortie, avant même que je tape 

Carlos Alcaraz 

When watching the conclusion of his final in Rome against Guillermo Coria in 2005, for example, one needed to verify that the footage was not sped up by 1.5. Even double. A remark equally true for the Argentine and his spinning legs capable of producing as much as energy as a field of wind turbines. Though, as the years have passed, the man who relaunched the fashion for sleeveless t-shirts has begun to slow. But, although being in his 37th year, he conserves an uncommon mobility. Thanks to his sense of movement on clay, his balance and his anticipation, what one has taken to call “the eye”. For Tennis TV in February, Carlos Alcaraz, questioned on the drop shot, one of his favourite shots, observed this:

“I would say that Tsitsipas has been the one against whom (the drop shot) has functioned best,” he responded. “I won the point nearly every time. On the other hand, against Rafa, and also Djokovic, it has been difficult to surprise them. I believe that they see it before I go to hit it. They are always there.” It is really something to continue to be excellent on the most physically demanding surface despite the hands of time weaving an inevitable shroud over his career. But his skillset and his mobility have not been the only standout elements to explain his reign on the red. “It is all a whole,” ‘tio Toni’ told us. “The topspin, the ability to run lots for many years, his skill at sending back the ball in a bad position also. Because, on clay, it does not always arrive perfectly like on hard court (there is a flat bounce notably).”

“Now, Rafael runs a little less” he continued. “But he gets out of place less also (able to switch to his backhand).” Because when one looks at his first games, one can tell that he has known how to evolve his game. Now he has much more strength in his backhand and as a result he does not need so much to move to his forehand (thus reducing his movement on his forehand). A great benefit for the amount of legwork. Especially in comparison to his two first wins at ‘Roland’—2005, 2006—he has become more offensive. Hitting nearer to his line, being more enterprising, he knew that by improving he would  make his opponents run more inversely. “If you watch closely, from Roland-Garros 2008, you can see that he was not so defensive, if so he would have not been able to win so ‘easily’ (no set lost, 6/1 6/3 6/0 against Federer in the final), nor be able to assert himself at Wimbledon,” added Toni Nadal. “In 2005, 2006 he was passive. Because he was young, still not totally formed, he needed to improve his shots. Federer also knew how to evolve. If you play the same way for 20 years, it means that you have not progressed.”

An analysis shared by Gasquet, who has been defeated 18 times in as many contests facing Nadal. It is the record in the open era in the men’s game, equal with his fellow countryman Gaël Monfils—also losing in 18 duels against Novak Djokovic. Vive la France! “Nadal has always strove to progress, to become more and more complete,” analysed Gasquet in his autobiography, written with Franck Ramella, published in 2022. “6 or 7 years ago, I was discussing (him) with Francis Roig, one of his trainers. Rafa appeared to be waning, and Roig said to me: ‘It is finished, Rafa will win no more.’ To my astonishment, he continued: ‘If he does not advance, hit the ball earlier, he will win no more. In my very core, I was saying to myself: ‘But what is he saying? He is mad, this guy…’ Three months after, Nadal began taking the ball earlier. He had done what I had not succeeded to put in practice.’

© Virginie Bouyer

One must improve endlessly Because you are always losing something along the way

Toni Nadal 

“One must improve endlessly, even when one is at the top, because with time you lose something along the way: a little freshness, the legs don’t move so well etc.,” concluded Toni Nadal. “It is what each player tries to do, wanting to stay at the top for many years.” We asked Toni Nadal if the desire to be more offensive was also due to managing the left foot, which had been causing problems since the spring of 2018, and was later diagnosed as Müller-Weiss syndrome. “Yes” responded the uncle. “But, he was already offensive, he was taking the initiative,” he continued. “He arrived very young on the circuit at 16. He needed to confront some older players, stronger physically, with maturer games. Thus he needed to adapt himself. He needed to run more and lost a little aggressivity. But daily, he tried to progress. And it is not been difficult to make him understand this. I repeat to him since he was a child: ‘each day, it is necessary to do more.’”

On this surface of long exchanges, knowing how to construct the point is essential to success. What the quattourdecuple winner of Roland-Garros—we learn new multiples thanks to him—has incorporated into his game since the age where he still had a bowl cut. “If you observe the world number 10 and the number 100 training, you will not see distinctively who is the highest ranked,” Nadal observed in his autobiography written with John Carlin. “Outside of competition and the pressure which accompanies it, they are going to move and hit the ball very similarly. However, it does not suffice not to hit the ball well to play well, it is necessary also to make good choices, to know if it is necessary to make a drop shot, to hit hard, high, deep, flat, cut or topspin, and what zone to aim at. Since my youth, Toni had made me reflect lots on the fundamental tactics of tennis.”

“If you make the wrong selection, Toni asked me: ‘why is it an error?’” he revealed. “And we’d discuss it, we’d analyse my errors in breadth and depth. Far from trying to make me his puppet, he tried very hard to make me reflect by myself. Toni said that tennis was a game where it was necessary synthesise lots of information very rapidly; in order to win, it is necessary to think better than one’s adversary. And in order to think well, it is necessary to keep his calm.” If the mentor planted the seed in his mind, it took someone else to water it to allow it to finally bear fruit. And not just anyone: the man who, before him, had the longest unbeaten streak on clay, with 53 consecutive wins. A series that ended against Ilie Năstase in the final of Aix-en-Provence 1977. He retired, losing  6/1 7/5—it was the best of five sets—to protest against the monstrous tactics the Romanian was using. The story of the “spaghetti racket” is relayed in Courts number 10 thanks to Hassan Hamini’s documentary.

“In 2004, Rafael played the Sopot tournament (where he won his first ATP title)”, retold Toni Nadal during an interview given to Radio Villa Trinidad in 2020. “Guillermo Vilas was there. He went to greet him and he said to me: “I can say to you something?” I have asked him to be patient two minutes while I run to find Rafael. I wanted him to hear what Guillerma was going to say. He gave this advice: ‘All the players of the world know to move sideways easily. But if you make a ball short, another high, another here, another there, they are completely rattled. It is necessary to vary your game a little more.” It was a decisive moment in the career of Rafael. Certainly, I have repeated this to him since he was little, but this had a lot more impact coming from a four time Grand Slam winner (Roland-Garros and the US Open in 1977, the Australian Open 1978 and 1979).”

In part thanks to these words, the pupil has surpassed the master by winning 81 victories in a row on clay between his defeat against Andreev in Valencia in 2005, then against Federer in the final of Hamburg two years later. Finally, if Rafael Nadal has grown to the point of being considered the best player of all time on this surface, it has been, also, thanks to sheer effort. “What is necessary for being so strong on clay? A good mentality, knowing how to suffer,” Toni Nadal declared. “This is the most important.” Without this characteristic, it is impossible to bear the strain on the most physically demanding surface. “I fought so hard to win Roland-Garros once, and this man has won it ten times,’ commented Andre Agassi after the Parisian decima of Nadal in 2017. “He pushed this sport to a completely new level. Ten Roland-Garros… You understand, we believed this impossible, but he has done it.”

Five seasons later, he has four more. “The greatest exploit in the history of sport in general”, claim some such as Guy Forget in Le Parisien. “Try to find, in a discipline as popular as tennis, not one which has only 25 members, a champion capable of winning the toughest tournament on the planet 14 times, the most difficult thing which exists. There is nothing like it. When Borg won 6 times, we said never will a person do better.” In the Open era, in the men’s game, only Nadal and Borg won more than 3 times at the Porte d’Auteuil. At Wimbledon, four have surpassed the triple crown: Federer (8 titles), Sampras (7), Djokovic (7), Borg (5). Five at the US Open – Connors (5), Sampras (5), Federer (5), McEnroe (4), Nadal (4) -, and three at the Australian Open, which was neglected by the world’s best until the mid-1980s: Djokovic (10), Federer (6) and Agassi (4). “For me, he (Rafael Nadal) is above Ali, Pele or Jordan,” Forget even said. To contradict or support the opinion of the former 4th in the world, one would have to compare different eras and sports, whether individual or collective. An investigation that is probably unfeasible, except perhaps for one person. Another Hercule(s). Poirot.

 

Story translated from Courts no. 14, Spring 2023.

Erika et Mirra Andreeva :

« Nous jouons sans pression »

Erika Andreeva (à gauche) et sa petite sœur Mirra (© Jean-Baptiste Chanet / Courts)

Souriantes et pleines de vie, Erika et Mirra Andreeva viennent de jouer à Madrid leur premier tournoi de double ensemble. Venant tout juste de perdre, les deux sœurs acceptèrent la demande d’interview. À leur arrivée, leurs sourires en disaient long sur la belle semaine madrilène qu’elles venaient de vivre ensemble. Erika, âgée de 18 ans, a commencé son aventure sur le circuit professionnel en 2020. Glanant quelques ITF, elle est classée 146ème mondiale. Mirra, sa cadette, âgée de 16 ans et qui a fait sensation à Madrid, vient de débuter cette année sur le circuit des grands et cela ne l’effraie pas. Elle est classée quelques rangs plus haut, à la 142ème place. Toutes les deux sont nées en Sibérie dans la ville de Krasnoïarsk. Aujourd’hui, basées à Cannes, elles sont entraînées par Jean-René Lisnard et Jean-Christophe Faurel après un passage par Sotchi. Blagueuses et détendues, elles se confient sur leurs histoires avec la petite balle jaune, leur complicité en double et leurs sensations sur le circuit professionnel. 

 

Grande première d’être alignée ensemble sur un tournoi professionnel, qui n’est autre qu’un WTA 1000, comment vous sentiez-vous ?

Mirra : Je me suis sentie super bien ! C’est une folle expérience, car nous venons de jouer deux matches ensemble et j’ai vraiment aimé ça, en espérant qu’on puisse continuer à plus jouer ensemble, mais cela dépendra d’Erika…

Erika : Je ne sais pas de quoi elle parle, elle sourit, avant elle me disait toujours : « Oh Erika, je suis super effrayée de jouer avec toi » et après le premier match, elle me confie « Oh Erika… J’ai été tellement surprise, j’ai trop aimé jouer avec toi. Quand j’ai besoin de toi, tu me soutiens, et quand je te vois un peu en dessous, je peux aussi te donner un coup de main ! Et je me sens super confortable. »

Et c’est vrai ce qu’elle me dit. On se connaît tellement bien toutes les deux, comme famille, comme sœur, c’est super simple de communiquer ensemble !

Mirra renchéritEt c’est super simple de comprendre à quel moment et quand est-ce que tu dois donner ton appui à l’autre…

Erika : Car durant un double, c’est la clé la plus importante d’avoir cette connexion ensemble, avec ton partenaire.

Erika sait de quoi elle parle, elle qui a fait sensation en double dans la catégorie jeune en remportant de nombreux tournois avec sa partenaire de l’époque, Nadezda Khalturina.

 

À propos de vos performances, quelles sont vos impressions ?

Erika : Avec Mirra, je pense que j’ai joué l’un de mes meilleurs doubles au tennis. Sûrement, car, je me sens vraiment détendue, relax. Je sens un soutien derrière moi et je n’ai pas peur de manquer autant que quand je joue avec une autre fille. Car je sais que mon partenaire me comprendra. Mirra rigole. 

Donc, pour moi, c’est une expérience extraordinaire, j’aime beaucoup et j’espère que nous jouerons souvent ensemble.

Mirra : Je pense que toutes les deux, nous essayons de passer un bon moment sur le court. Nous donnons le meilleur en nous amusant, avec cette mentalité, on a tout bon !

 

Vous évoquez cette connexion, comment la développez-vous lors de votre préparation ?

Mirra : Déjà, il faut savoir qu’on s’entraîne ensemble, au même club, à Cannes. Mais la majorité du temps, on n’a pas énormément de pratique ensemble. Nous sommes plus séparées et bien sûr, on joue plus en simple toutes les deux. Pour le double, c’est surtout quand on a la pré-saison ensemble. 

À Madrid, ce sont vraiment les premiers matchs joués ensemble et j’espère qu’on aura l’occasion de s’entraîner et de jouer beaucoup plus de doubles à l’avenir.

Erika : Maintenant, on aime beaucoup plus s’entraîner au double, car on en a besoin. Avant, je ne pensais pas du tout pratiquer le double aussi souvent et je n’aimais pas trop ça, mais Mirra elle est vraiment drôle, j’aime trop ! Comme nous passons plus de temps ensemble aux événements, ce sera plus facile, car avant, on n’était pas souvent alignés sur les mêmes tournois.

 

Et en termes d’objectifs, qu’attendez-vous de ce double ?

Erika : Nous jouons sans pression. On se marre, c’est divertissant, c’est un entraînement où on s’amuse et on travaille nos coups au filet.

Mirra : Nous n’avons pas de cibles déterminées. Bien sûr, toutes les deux, nous voulons gagner le plus de match possible et jouer notre meilleur tennis tous les jours et à tous les matchs. 

 

Et pour le simple…

Mirra : Me concernant, sur le circuit simple, bien sûr que je peux dire que j’ai des objectifs ciblés… Celui d’être la meilleure joueuse, mais surtout la meilleure version de moi-même. Donc, j’essaye de faire en sorte chaque jour de progresser, donner le meilleur de moi-même et j’espère que cela fonctionnera.

Erika : Je partage la vision de Mirra. Juste le problème quand nous avons un objectif spécifique, on se focalise trop dessus et on manque le processus enclenché pour atteindre l’objectif, la préparation. Regarder juste les résultats ce n’est pas le plus important, c’est toute la mise en place qui l’est.

© Mateo Villalba

Pour en venir aux prémices de votre histoire avec le tennis, comment cette histoire a-t-elle commencé pour toutes les deux ?

Erika  : Pour moi, quand Maman était enceinte, elle a commencé à regarder le tennis et elle a vraiment aimé ça ! 

Puis après, vers mes trois ans, nous avons commencé à aller ensemble dans certains petits clubs pour jouer un peu. Il faut dire que Maman a joué au tennis avant, mais pas comme une professionnelle, plutôt un bon niveau débutant. Et Mirra, elle n’avait pas le choix au final !

(“Oui” reprends Mirra). 

Moi pour mon âge, je jouais bien et quand j’ai commencé à bouger pour les tournois, Mirra venait avec moi la plupart du temps, elle n’avait pas le choix.

Mirra : Oui, j’étais déjà dans les tribunes depuis mes 2 ans, je collectais quelques balles… Mais j’ai commencé assez tard le tennis, quand j’avais bien 6 ans. 

Elle interpelle sa sœur en rigolant  “Attends, tu ne t’en souviens même pas ??!” 

Erika : Mais 6 ans, ce n’est pas si tard, car les débuts pour vraiment jouer normalement, c’est autour de 5 ou 6 ans. Avant c’est un peu comme tous les dimanches, tu viens à un cours et tu frappes une balle en une heure et demie…

(Mirra explose de rire).

 

Mais Mirra, tu as donc commencé grâce à ta sœur..?

Oui, c’est ça, je n’avais pas le choix, comme elle m’a dit… (elle rigole)

 

Aujourd’hui vous êtes localisé à Cannes, depuis 2022, comment avez-vous atterri en France ?

Mirra : Vous savez, je suis venue la première pour faire un essai d’une semaine, donc j’ai joué une semaine entière et j’ai vraiment aimé ça ! Ainsi, au début de l’année 2022, nous sommes venus ensemble avec Erika et nous avons commencé à nous entraîner à Cannes.

Ici, on se sent super bien, c’est vraiment confortable d’être basé en Europe, car c’est plus facile de voyager depuis Nice et nous profitons des nombreux tournois européens.

Focalisées sur leur tennis, les deux sœurs ont peu de temps libre. Mirra doit jongler entre un nouveau statut, celui de joueuse professionnelle tout en gardant du temps pour faire ses devoirs scolaires et ensuite récupérer en regardant une série tranquillement. Concrètement, son rythme s’apparente à : dormir, jouer au tennis, regarder des séries et se reposer. Erika, de son côté, qui a un peu plus de bouteille sur le circuit, mais a une routine similaire. Se lever pour aller s’entraîner sur le court, faire du physique, manger et dormir. C’est encore difficile de faire autre chose, même si elle tente de sortir pour décompresser et trouver ce contact social.

 

En parlant des tournois, quelle est votre sensation sur le Tour ?

Erika : C’est incroyable, c’est comme un rêve ! On voyage tout le temps durant presque toute l’année, car nous avons beaucoup de tournois à l‘étranger. Tous les jours, tu t’entraînes et tu joues. Et si tu aimes ça, tous les jours, tu fais ce que tu aimes et tu es payée pour ça ! 

Quand j’ai commencé à jouer un peu plus de tournois, comme celui-ci, j’ai trouvé cela extraordinaire parce que tout le monde veut t’aider. Tout le monde veut prendre soin de toi…

Mirra : Et tu te sens si spéciale, nous aimons beaucoup cette atmosphère et cette ambiance.

 

Et quels sont vos modèles ou références sur le circuit ?

Mirra : Nadal, Djokovic et Federer. Mais Federer a tout de même été à la première place. Mais depuis l’année passée quand Nadal a remporté l’Open d’Australie, j’ai commencé à beaucoup apprécier son travail acharné, car je l’ai vu souffrir et il a tout donné, réussissant à remporter ce tournoi. Avant, je l’avais mis à la deuxième place, mais maintenant, il est à égalité avec Federer !

Elle se laisse une minute pour donner sa réponse sur le circuit féminin et laisse la parole à sa sœur…

Erika : Tous les 3 sont fabuleux, mais je pense que Novak est sous-estimé. Il a aussi réalisé des choses impossibles sur le court et en dehors. Je ressens qu’il donne toute sa vie pour le tennis et c’est vraiment sous-estimé !

Et sur le circuit féminin actuel, j’aime vraiment beaucoup Leylah Fernandez, mais maintenant ma joueuse préférée, c’est Mirra après sa victoire (Mirra Andreeva a battu Leylah Fernandez lors son entrée en lice à Madrid).

(Mirra rigole)

Sur le circuit masculin, je dirais Jannik Sinner, j’aime beaucoup sa façon d’attaquer. Quand tu le regardes, tu n’as pas l’impression de voir tant d’efforts, je ne sais pas comment il fait quand il tape la balle. Il te donne l’envie d’aller sur le court et de jouer comme lui !

Mirra : Chez les femmes, pour moi, c’est Ons Jabeur, car j’aime beaucoup comment elle joue et on l’a rencontré plusieurs fois, elle est géniale et super gentille ! J’aime sa personnalité et comment elle joue. 

Quand elle explique son style de jeu, Mirra fait référence au style de la joueuse tunisienne.

Sur le circuit masculin actuel, j’aime beaucoup Andrey Rublev, l’un des plus sympathiques du circuit.

Break Point’s advantage has been to ace life back into tennis!

My adrenaline starts pumping. Yes, it’s about tennis. But I’m not on court, I have no racquet, and I’m armed simply with my laptop. I’m about to watch Break Point, an intimate fly-on-the-wall docuseries following a selection of tennis’s top professional players on and off court for a year. Thanks to Netflix and Organic Publicity, I have been granted exclusive preview access to the press screening, two weeks before worldwide release on 13th January 2023. I’m excited about what I’m about to watch because there has never quite been anything like it. 

Break Point, by Box to Box Films, is made by the team behind Netflix’s F1: Drive to Survive. Whilst watching that, I found myself drawing parallels between Formula 1 and tennis: surely the same model of documentary could be applied to tennis, another sport where the athlete alone carries the burden of success or failure. Executive Producers Paul Martin and James Gay Rees reveal in the production notes, that the idea was borne out of a project discussed with Andre Agassi years ago. Although that project fell through, hearing about the physical and mental demands of the game made them want to show the world a side of tennis people didn’t know existed. 

Has anything been done like this before? In 1981, the late, great photographer and filmmaker William Klein produced The French, an acclaimed tennis documentary film about the French Open.  His behind the scenes access to players was enviable (think locker room chats whilst smoking a cigarette, filming under the net during match play, the list goes on). It was doubtful that anything like it would ever be replicated. But Break Point has somehow managed to penetrate the impenetrable, and to do it for much longer – a year’s cycle of tournaments. This is laudable. Today’s tennis players are notoriously private. Post-match press conferences, tv interviews, even Instagram posts are often formulaic, rehearsed, airbrushed, or curtailed to appease sponsors or agents. Sports psychologists and coaches encourage players to put on a poker face, to avoid showing opponents any weaknesses. So, I had low expectations. 

Spoiler alert: look away now and read the rest later if you want to watch it first!

Break Point’s Midas touch is its ability to gain unprecedented access, shining a spectacularly honest spotlight on the tennis world. In the production notes, Martin reveals, “when the access is good, it allows you to be much more intimate in your storytelling. The process moved pretty quickly once we had the buy-in from ATP, WTA and the Slams”. Showrunner Kari Lia discloses that the challenge was not just to gain access, but to maintain it for a full year, “we made sure we took time to sit down with players and chat through why they’re letting the cameras in. Some players understood that right away and others needed to talk it through. In the end that process paid off, and we were even able to delve into deeper issues, like racism, mental health and sexism in sport”.

It would have been easy and tempting to produce a glamorous documentary about tennis. The filming locations are amongst the most beautiful countries in the world. But like the title itself, this documentary has shades of dark and light. As every tennis player yearns for an advantageous break point to turn their match around, the price of living in a pressure cooker environment of winning and losing can bring anyone to breaking point. Mental health is a running thread throughout, as players open up about the price they pay for this career.  

There are 10 episodes, covering the 2022 season starting with the Australian Open and ending at the US Open. Episodes 1-5 will release globally on 13th January. Episodes 6-10 will release in June 2023.

Filming and interviews have taken place with players, ex-players, families, trainers, and coaches; within professional and personal environments including homes, hotel rooms, and locker rooms. There are family dinners, childhood home videos and photo albums. The most revealing insights emerge from these very personal moments, when a player candidly reveals their innermost anxieties about opponents or life in general, showing that none of them are superhuman. 

The immersive scenes felt like I had inadvertently eavesdropped on an intimate moment or conversation. Executive Producers Paul Martin and James Gay-Rees have truly aced this one. At tournaments, player’s boxes have been mic’d up to reveal intriguing interactions between player and box. The production notes reveal that the series was filmed as though shooting wildlife, using RED cameras, filmed on a high frame rate with long lenses for closeups. The editing team visited Wimbledon’s Centre Court to experience the sounds, smells and angles, and bring that immersive experience to the series. 

From the very first episode, it becomes apparent that this is a staggeringly stark portrayal of a less than perfect life. Nick Kyrgios opens up to girlfriend Costeen Hatzi and coach “Horse” about his daily struggle with alcohol, which began after he was suddenly catapulted to stardom after beating Rafa Nadal at Wimbledon, “my life was just kinda spiralling out of control, drinking every single night”. Horse tracked Kyrgios’s daily location on his phone, to ensure he was okay.

Kyrgios reveals why he plays less tournaments than anyone else of his ranking, “tennis is an extremely lonely sport. I think that’s what I struggle with most. I need to be with my family. I need to have my close circle around me” Costeen shares, “he’s not as crazy as everyone thinks he is”, which becomes apparent. When he’s not playing to anyone, he’s subdued, thoughtful, philosophical, and caring to those around him. One scene shows Kyrgios apologising to Costeen for being too sweaty, as he joins her on the bench after a court practice. Another shows him in a restaurant serving food to those around his table. But then, like an actor on cue, the familiar showman emerges during a first-round match against Liam Broady. Kyrgios orchestrates the home crowd with trick shots, interacting with them, turning them into a frenzy, being cocky with the umpire and confirming that, “in the heat of the battle, I’m two different people. Sometimes I do cross the line. That’s just my passion, that’s just my emotions. Millions of people watching you and you’re not playing your best. Would you not be frustrated and angry?”. 

A scene with mum Norlaila sitting in his bedroom further humanizes Kyrgios. Holding one of his broken racquets, she reveals the unhappiness her son went through from an early age, caused by racism, expectation, and pressure. But there are lighter off-court moments, showing Kyrgios joking with lifelong friend and doubles partner Thanasi Kokkinakis. Their chemistry is palpable, as in his relationship with Costeen. They flirtatiously role play, both pretending to be strangers, “we do this all the time”. They are inseparable, to the point of video calling each other during one of his drugs tests, as he holds up a cup of his urine sample, Costeen responds, “euww don’t show me the pee!”.

Like every good story, there is romance. Break Point follows Matteo Berrettini and Ajla Tomljanovic as they practice together, debate about what movie to watch in their hotel room and manage conflicting schedules. They share personal photos of themselves as a couple, and details of how they met (he slid into her DMs on Instagram!). Their hotel room is a chaotic spectacle of clothes and belongings strewn across the room, with an unmade bed. At one point, upon returning to the room, Berrettini realises the mess, questioning who was the last to leave the room. 

Tomljanovic is candid about the challenges of dating a fellow tennis player, “we both enjoy being there for each other but that doesn’t mean there aren’t challenges… It’s just really good when we’re both winning, let’s put it that way”. She loses her next match and is out of the Australian Open. As Berrettini is still in, they negotiate how he is going to have a much needed lie-in, if she must fulfil an interview commitment in their hotel room the next morning.  Chris Evert stresses that tennis is not only lonely but requires each player to be self-centred. The camera follows an upset Tomljanovic down a tunnel to sit on the floor with her coach, telling him that she wanted to break all her racquets. The fluctuating emotions caused by losses and wins are captured incredibly well.

As the series progresses, the strain on players is compelling, but the reason to persevere is explained eloquently by Paula Badosa, “it’s a drug. This sport is a drug. Winning big titles, winning big matches, it’s very very addictive”. An example of resilience is in Episode 3, when Taylor Fritz sustains a serious foot injury during a practice session in Indian Wells. The injury happens before his final against his idol, Rafa Nadal. Against the advice of his team and doctors, he insists on playing, acknowledging the risk of not being able to play again. He wins, but at the price of his health.

It is evident throughout that Break Point’s production team has built deep trust amongst the usually-private players and made them feel relaxed and candid in front of cameras. The production notes explain that producers initially conducted audio-only interviews, without cameras which were used against video footage. Executive Producer Gay-Rees adds, “obviously we’d have liked to put cameras on tennis balls, but that technology hasn’t been delivered yet”. 

No tennis documentary is worth its salt without addressing the issue of equality. It features in Episode 4, focusing on the debate about equal prize money and airtime for women. Patrick Mouratoglu highlights that players from wealthier countries are more likely to receive lucrative sponsorship deals than smaller countries without resource or investment. Enter Tunisia’s Ons Jabeur, a player who has risen despite a lack of resource and investment, and despite facing cultural barriers as an Arab and African woman. Jabeur and her fitness coach husband discuss how they overcame the challenges of working together as a couple, and the challenges of women athletes having to choose between having a family or career. 

A pivotal moment is when Paula Badosa opens up about her struggle with depression. Much like Kyrgios, she attributes the depression to media pressure and expectation after winning the junior French Open. In one harrowing scene, she tells her team that there have been moments where she has wanted to die. The production notes reveal that there was a huge amount of trust built between the production team and Badosa’s team, in helping Badosa tell her story, without sensationalizing it. Lia shared with Badosa’s team, a personal experience of losing someone close to suicide. 

The final episode features the ‘old guard’ Rafa Nadal, together with two young prodigies Felix Auger-Aliassime and Casper Ruud. We are reminded of Nadal’s intimidating dominance in some hilarious moments when the cameras focus on him psyching his opponents out via his energetic pre-match ritual in the hallway. Whilst it is a fitting way to end and a reflection of the status quo, it is also a reminder that we are at a pivotal period in tennis, and after Roger and Serena’s departures, a changing of the guard is imminent. Break Point has done what F1: Drive to Survive did for Formula 1: it has injected fire, personality, guts and glory back into the sport which craves fresh interest. What an opportune time to create this documentary. 

At the time of writing this, there are no current plans for a future series. But I hope the producers will consider a series dedicated to the lower ranked players and the challenges they face on tour. This would complete the picture.  

Break Point is very watchable. Afterall, tennis is the ultimate Shakespearean tragedy of the modern era. As Andre Agassi once so eloquently said: “It’s no accident, I think, that tennis uses the language of life. Advantage, service, fault, break, love, the basic elements of tennis are those of everyday existence, because every match is a life in miniature”.  Above all, there is something hugely inspiring when watching a group of people who, despite facing daily failure and loss, somehow manage to find the perseverance, positivity and resilience to keep going. There is always hope.  

Nike’s Retreat from Tennis Fashion

A Brand in Hibernation

Image Source: Nike. Nike Court Logo. May 22, 2023.

Is Nike losing its mighty grip on the sport of tennis? It’s obvious that Nike Tennis isn’t the same brand it was 10 years ago. The team solely responsible for tennis was dissolved – a surprising business decision to many in the industry. Some events such as doping scandals and the retirement of several top players have changed the face of the sport. That’s outside of Nike’s control, but the clumsy handling of players on maternity leave and those close to retirement, has made the company look like it’s out of step. Nike’s tennis crown has slipped, and its future plans seem uncertain. 

Image Source: Sourav, D. 2020, March 10. Serena Williams in Nike’s inspirational International Women’s Day Video. Tennis World. May 22, 2023. https://www.tennisworldusa.org/tennis/videos/Serena_Williams/85002/serena-williams-in-nikes-inspirational-international-womens-day-video/

Nike’s tennis legacy spans a rich 40-year history. Right from the start, they aligned themselves with legends of the game like John McEnroe, Andre Agassi, Pete Sampras, and Mary Joe Fernández. The key catalyst, arguably, for tennis and Nike becoming nearly synonymous was when the brand signed deals with Serena Williams, Rafael Nadal, Maria Sharapova, and Roger Federer at the turn of the century. Since then, Nike has become one of the biggest names in court wear, repeatedly producing some of the best products in the game, worn by the sport’s greatest-ever players. 

However, as the sun sets on this generation of players, Nike has been quietly stepping back from the scene in what seems to be an intentional decision to reduce their involvement in the sport over the last five years or so. When we look back at the last 20 years of Nike Tennis, we can map out the milestones and indicators that hinted at this trajectory and give us some context behind Nike’s current decisions around the sport. 

Image Source: Kim, J. (2018, June 11). Roger Federer Leaves Nike For Much Richer Apparel Deal With Uniqlo. Sneaker News. May 22, 2023. https://sneakernews.com/2018/06/11/roger-federer-uniqlo-contract-offer/

Between 2005 and 2015, Nike tennis was at its peak. With all of the legends on board, other than Djokovic, tennis fans around the world enjoyed apparel and shoes associated with the Williams, Nadal, Sharapova, and Federer collections. But it is in this period of time that Nike also missed some of its biggest opportunities to cement its presence in the sport long term. 

When it comes to missed opportunities, first focus on the lack of signature tennis shoe lines. Perhaps the biggest miss is with the Nike Air Zoom Vapor line – the shoe most closely associated with Roger Federer in his heyday and designed by the legendary Tinker Hatfield. No tennis shoe has produced more singles championship wins in the modern age than the Vapor franchise and to this day it’s worn by 81% of Nike athletes1. 

At the time, Federer was just as big of a household name ‘globally’ as Michael Jordan. And for a brand quick to hand out signature basketball sneaker styles, it was always puzzling as to why the Vapor Line was never named the “Federer Vapor”, especially after he had such a hand in its design and evolution throughout the years. For a player known for his elegance and fashion sense (both on and off the court), you’d think the Vapor franchise would be the perfect place to start. 

Photo taken by Laurence Passera for Panottica, Italy. May 22, 2023. https://panottica.com/project/sharapova/

Former Nike Director of Tennis, Mike Nakajima, agrees with this thinking as well. “Nike is still selling millions and millions of pairs of Jordans [shoes]. When’s the last time Michael [Jordan] played? It’s been many, many years. They could have done the same thing for Roger. For years to come, they could have created shoes with an RF logo,2” Nakajima explained.

Despite these types of insights from industry juggernauts like Nakajima, Nike has never committed to creating a signature tennis shoe line. We’ve not seen a Nadal Cage, an Agassi Air Tech Challenge II, or a NikeCourt Serena Flare. None of these legends of the game were ever stamped into Nike’s history books – and that seems to be quite an intentional decision that a lot of tennis fans would agree is a big missed opportunity. And it is arguably these types of decisions that have left the door open to new and improved competition since 2016. 

So, if Nike Tennis peaked between 2005 and 2015, what’s happened in the last 7 years that has made Nike’s drop-off from the sport so noticeable? We can start by taking a look at 2016, the year when Maria Sharapova was handed a two-year ban from WADA for taking meldonium. 

Image Source: Newcomb, T. Nike Vapor. The Sneaker Franchise Roger Built. Racquet Mag, Issue No. 6. May 22, 2023. https://racquetmag.com/2022/08/18/nike-vapor-the-sneaker-franchise-roger-built/

Sharapova signed her first Nike brand deal when she was just 11 years old3. After winning Wimbledon in 2004, she became one of the most marketable and highest-paid tennis players in the world. In 2010, Sharapova had a deal with Nike worth over $70 million which featured an exclusive Sharapova Collection4. We don’t have the exact numbers of the success of that line, but year after year they released some of the best-looking tennis dresses on the market that even to this day are talked about on tennis fashion forums as a line that’s dearly missed. 

When news of the drug ban broke, Nike was one of the first to terminate their 20-year relationship with the star player, and understandably so. But Nike didn’t look to replace the inevitably large hole that would come with losing such a marketable and fashionable player in their roster. Instead, Sharapova’s departure from the brand marked the decline in the quality of women’s tennis apparel coming from Nike. If we look at the silhouettes of the dresses released since then, quite frankly, nothing compares. 

Image Source: Wintour, A. (2022, September 18). Anna Wintour raises a racket to Roger Federer on his retirement. Vogue. May 22, 2023. https://vogue.sg/roger-federer-retirement/

Fast forward one more year to 2017, and another blow hits Nike Tennis – Serena announces her pregnancy. Over the last five years or so, Nike has been publicly criticized by some of its top female athletes for the way they’ve treated women during maternity leave. Allyson Felix, an American track and field star, was one of the most vocal voices. In 2017, when she was offered a contract with a 70% pay cut after announcing her pregnancy, she accused the brand of being “tone deaf” and “beyond disrespectful”5. 

Even if Serena wasn’t treated in the same way, Felix’s sentiments reflect Nike’s culture at the time. That culture being when a female athlete is pregnant, that’s likely the beginning of the end. At the time of her pregnancy announcement, we were all quite sure Williams would return to the sport at some point. While it seemed destined for Serena to return, and she of course did, the question d’jour at that time was always the same: ‘Will it be the same Serena?’ 

The past would point to a low probability of seeing the Serena of old post-pregnancy. Very few players have successfully become mothers and come back to win Grand Slams. Nike seemingly used this news to take their foot off the gas and begin winding back their Serena-inspired lines that were available to the general public. And unfortunately for Serena, that big comeback in terms of winning a Grand Slam never did happen, further justifying Nike’s decision-making. But, that doesn’t mean Serena lost any of her star power and popularity on her comeback journey. If anything, she gained more fans. 

Image Source: Garrigues, B. 2021. Nike: Four Decades of Smashing Ads. Courts. May 22, 2023. https://courts.club/nike-four-decades-of-smashing-ads/

The knock-out blow to Nike Tennis was then administered in 2018 when Roger Federer officially parted ways with the brand after 24 years together. He simply couldn’t turn down the irresistible offer worth $300 million over ten years from Uniqlo6. Commenting for the authors of the book, The Roger Effect, Mike Nakajima said, “That should never have happened. For us to let somebody like that go, it’s an atrocity.” 

“Roger Federer belonged with Nike for the rest of his career. Just like Michael Jordan. Like LeBron James, like Tiger Woods. He’s right up there with the all-time greatest Nike athletes ever. I’m still disappointed. But it happened. I have to get over it. It wasn’t my decision and I wasn’t there for it.”2

Reportedly, Nike just wasn’t prepared to meet the financial terms of the Uniqlo contract. But according to other reports, Federer’s team didn’t start shopping around for alternative deals until Nike had confirmed that they wouldn’t be renewing his contract (per his preferred terms). There are likely a few reasons at play, and one of those could have to do with the fact that Nike often doesn’t continue relationships with athletes past their prime. Especially with big contracts that compete with what Uniqlo was offering, and with Federer being 37 at the time, that was likely a part of their thinking. 

Odell, M. 2016, June 8. Maria Sharapova gets 2-year ban for failed drugs test. Financial Times. May 22, 2023. https://www.ft.com/content/27ac2dbc-2d9b-11e6-bf8d-26294ad519fc

If we wanted to be more cynical though, Federer’s interviews would suggest that he wanted more from Nike. Not just financially, but more involvement. From design to innovation to positive social change initiatives, Federer was looking for an opportunity that would allow him to really get his hands dirty – especially post-retirement. Federer was never going to be one of those athletes that just sits on the couch after retirement. He made it clear years before that he was interested in business, design, and giving back to the sport. The lack of willingness to create a Federer Vapor line could be a big reason why Federer chose to move on. 

Fast forward to 2019 and things are beginning to look different for Nike Tennis. At the time in the sport, it was unclear who could effectively replace the big names of Sharapova, Williams, and Federer in the years to come. Names like Naomi Osaka and Sacha Zverev were starting to see success, but not yet on a level that reflected the stardom Nike Tennis enjoyed over the previous 20 years. 

Image Source: Nguyen, C. 2014, May 8. Fashion Files: Maria Sharapova. Sports Illustrated. May 22, 2023. https://www.si.com/tennis/2014/05/08/photos-maria-sharapova-fashion-files

Go forward another year to 2020, the year that COVID hit, and the effects of the happenings since 2015 start to double down. Like every big brand at the time, cuts to resources, funding, and teams were made to deal with the economic challenges the pandemic brought along. At Nike, that marked the end of Nike Tennis as we knew it. 

In an off-the-record conversation with Nike’s Global Head of Tennis in January of 2023, it was revealed that a decision was made to dissolve the marketing division dedicated solely to Nike Tennis and instead roll tennis into the generic brand marketing division. This is a part of Nike’s overall strategic shift away from categories to focus on genders. They confirmed there would still be specific activations for bigger moments, such as Serena’s retirement, but we shouldn’t expect to see more efforts poured into tennis marketing, despite a record number of people playing and watching tennis. Nike has decided that their focus is simply on tennis apparel and footwear available only via e-commerce, with no large-scale marketing activations for tennis. 

Image Source: WTA Tennis. 2017, September 5. Vote: Sharapova, Pharrell make splash in the best dresses of the 2017 US Open. WTA Tennis. May 22, 2023. https://www.wtatennis.com/news/1416692/vote-sharapova-pharrell-make-splash-in-the-best-dresses-of-the-2017-us-open

Currently, their only player-lead collections are the Naomi Osaka collection, a player who is now pregnant, Serena Williams Design Crew, which is more of a diversity initiative than it is a tennis performance line, and Nadal’s line which is essentially the same as the rest of the Nike tennis line, just with his logo slapped on it. 

As a result, customers and players are seeing less variety and choice in gear produced by the brand. We’re now seeing the world’s top 20 Nike tennis stars, all wearing the same gear as each other at every tournament. And several players aren’t happy with the lack of effort to differentiate the sport’s most elite players in the post-Federer era. And we know this differentiation is important to the world’s best. Take this quote from Sharapova for example: 

Image Source: Gaines, C. (2013, June 26). Roger Federer Busted By Wimbledon Fashion Police For Wearing Shoes With Orange Soles. Business Insider. May 22, 2023. https://www.businessinsider.com/roger-federer-busted-wimbledon-shoes-orange-soles-2013-6
Image Source: Nike [@Nike]. Outplay yourself. @rodgerfederer, Melbourne’s defending champion and holder of 19 major titles, just beat his own record, by winning 20. #justdoit https://twitter.com/Nike/status/957578951181946881

“Nike would put me in the same clothes as maybe 10 other girls in the tour. We all looked like clones. I want to be different. If everyone is wearing black, I want to be wearing red.”4

So with all of the events of the last seven years with Nike Tennis, it’s no surprise that the door has been left open for brands both new and old to take a stab at becoming the sport’s next big merchandiser. From Alo to Lululemon to Fila, Wilson, New Balance, and Lacoste, brands are coming from every angle looking to scoop up the world’s best players and appeal to the booming numbers of recreational players across the globe. 

Roger Federer is also perhaps looking to get the last laugh as he works alongside ON Running to launch their tennis shoe and apparel lines. ON has now scooped up women’s world number 1 Iga Swiatek, and promising young star Ben Shelton, as a part of their ever-growing athlete roster7. 

Nike still has relationships with some of the world’s best players in tennis, perhaps most importantly, they have Carlos Alcaraz. But in terms of style and involvement in tennis culture, one could argue that Nike won’t be leading the way in this decade and we won’t be seeing any Alcaraz-named tennis shoe line. 

Image Source: Livaudais, S. (2022, March 26). Style Points: Leylah Fernandez Leads Lululemon’s tennis invasion with new signature collection. Tennis.com. May 22, 2023. https://www.tennis.com/baseline/articles/style-points-leylah-fernandez-first-look-lululemon-new-tennis-collection

Another sign of Nike’s reduced commitment to the sport is their very limited support of any player below the top 20. With new major reductions in its contracts, players now have to meet certain performance requirements, such as ranking position or tournament entries, to earn money. One agent said that players outside the top 20 wearing Nike are not making any money8. 

Contract reductions coupled with a rise in athleisure and more players paying attention to their on-court ‘style’ has led several players to leave the brand such as Andrey Rublev, Marta Kostyuk, Marketa Vondrousova, Sloane Stephens, Alja Tomljanovic, Leylah Fernandez, and Donna Vekic9. Nike will likely continue to see players leaving the brand to join smaller brands that offer them more choice and input or even start brands of their own. 

Image Source: Garrigues, B. 2021. Nike: Four Decades of Smashing Ads. Courts. May 22, 2023. https://courts.club/nike-four-decades-of-smashing-ads/

The question is whether Nike is taking a break from tennis or if this is really their long-term play. We’ve seen Nike wait in the wings before, only to pounce on their next big star once they appear. It could be that Nike just doesn’t yet know which horse to bet on post the “Big Three” era and it’s just waiting on the right opportunity. After all, this is a strategy they’ve employed many times before. 

My guess would be that once another Federer-like personality comes along, Nike Tennis will come back around. Until then, expect the competition to continue to thrive and the athletes to continue to look for alternative brand deals that offer them more creative input and style. For the casual players – this is the time to switch up your tennis apparel and try some new brands!

Image Source: Newcomb, T. 2022, January 6. The Evolving Sneaker Style of Roger Federer. Forbes. May 22, 2023. https://www.forbes.com/sites/timnewcomb/2022/01/06/the-evolving-sneaker-style-of-roger-federer/?sh=2242dbbd2af7

Sources:

1. Jones, R. (2017, December 20). Nike Unveils Roger Federer’s New Zoom Vapor X
Shoes Coming Out This Weekend. Yahoo! May 12, 2023.
https://www.yahoo.com/lifestyle/nike-unveils-roger-federer-zoom-201556556.html

2. Mangioni, S. (2023, February 16). ‘Should Never Have Happened’: Ex-Nike Director
Slams Brand Over Roger Federer’s Departure. Man of Many. April 11, 2023.
https://manofmany.com/entertainment/sport/nike-director-roger-federer

3. Khanna, A. (2022, February 22). Nike to end 20-year association with Maria Sharapova:
Report. Inside Sport. April 11, 2023.
https://www.insidesport.in/nike-to-end-20-year-association-with-maria-sharapova-report/

4. Wilson, E (2011, May 25). Maria Sharapova Extends Her Reach. The New York Times.
April 11, 2023.
https://www.nytimes.com/2011/05/26/fashion/maria-sharapovas-campaign-to-establish-h
erself-as-a-brand.html

5. McLaughlin, K & Cash, M (2021, July 8). Olympian Allyson Felix says Nike was ‘beyond
disrespectful’ when asking her to be in female-empowerment ads while privately
disputing maternity protections. Insider. April 11, 2023.
https://www.insider.com/olympian-allyson-felix-criticizes-nike-maternity-protections-disput
e-2021-7

6. Emmrich, S (2018, September 8). What’s Smoother Than a Federer Backhand? His
$300 Million Uniqlo Deal. The New York Times. April 11, 2023.
https://www.nytimes.com/2018/09/08/business/roger-federer-uniqlo-godsick.html

7. Ruben, H (2023, March 23). On signs tennis stars Iga Swiatek and Ben Shelton. Retail
Dive. April 11, 2023.
https://www.retaildive.com/news/on-signs-tennis-stars-iga-swiatek-and-ben-shelton/6456
63/

8. Pranjali, P (2023, January 5). American tennis star Reilly Opelka questions Nike’s
decision to end contract with Russian Andrey Rublev. Sportskeeda. April 11, 2023.
https://www.sportskeeda.com/tennis/news-american-tennis-star-reilly-opelka-questions-n
ike-s-decision-end-contract-world-no-5-andrey-rublev

9. Levey, J (2023, January 4). Nike purge appears to hit Sloane Stephens. Tennis.com.
April 11, 2023.
https://www.tennis.com/baseline/articles/nike-purge-appears-to-hit-sloane-stephens

Lignes de saison

Fenêtre sur court, 2023 Photo @ Marcel Koehler

Une conversation entre Laurent Ajina, Elsy Lahner (conservatrice d’art contemporain à l’Albertina de Vienne) et Alexander Giese  (directeur de la galerie   Giese & Schweiger de Vienne)

 

Elsy Lahner : Le tennis est un sport et une passion pour vous deux, mais même si je ne le pratique pas, j’ai aussi un lien avec cette activité. Je pense que c’est toute l’esthétique du tennis – je connais la balle depuis que je suis enfant et cela m’a toujours fascinée de voir comment elle se comporte, comment elle sonne et comment elle rebondit sur le sol. Je pense qu’il y a quelque chose de spécial dans toute cette expérience : comment les gens sont habillés, à quoi ressemble le court, etc. Cela a-t-il une influence sur votre travail ? La beauté du tennis est-elle peut-être aussi la raison pour laquelle vous avez commencé à jouer ?

Laurent Ajina : Eh bien, j’ai commencé à taper la balle contre un mur pendant presque trois ans. J’ai grandi dans un quartier de Paris sans club de tennis et j’ai joué exclusivement contre un énorme mur, de cinq à neuf ans environ, sans interruption. Cette routine de jouer contre moi-même n’a peut-être pas été le meilleur départ pour devenir un bon combattant sur le court, car aujourd’hui je ne joue pas seulement pour gagner. C’est vrai, ce que vous avez dit à propos des vêtements, des sons et des couleurs, mais il y a aussi cet autre aspect du tennis : c’est un domaine d’expression très compétitif. C’est presque comme si vous étiez un gladiateur dans une arène qui doit gagner. Mais comme je l’ai dit, j’ai commencé à jouer tout seul et j’ai juste entendu le son de la balle qui rebondissait sur le mur, ce qui a instillé en moi un certain rapport à l’architecture, à l’espace, à la géométrie et au rythme. Aujourd’hui, j’ai un écran dans mon atelier qui diffuse en continu des matchs de tennis. J’aime avoir l’écran allumé. Suivre les matchs, c’est comme suivre le changement de saison : il y a des surfaces de couleurs différentes, du bleu indigo au rouge et au vert vif, ce qui fonctionne pour moi comme une sorte d’installation de couleurs. Et même si je ne regarde pas le match, il a une présence très forte en termes de couleurs et de sons.

Alexander Giese : Il faut dire que Laurent joue au tennis de manière très esthétique, son revers est tout simplement magnifique. Donc quand nous jouons ensemble, je préfère le regarder jouer son revers plutôt que de m’occuper de mon propre jeu.

L.A : C’est une sorte de miroir : vous pouvez voir votre adversaire et vous êtes connectés par une certaine symétrie de mouvement. Mais c’est un miroir déformé, vous n’êtes jamais en contact direct avec votre adversaire, vous devez plutôt ressentir ce qu’il fait. Faire tourner cette petite sphère jaune qui ressemble au soleil et créer ainsi son propre espace a aussi une sorte de dimension cosmologique. Je joue beaucoup, comme Alexander. Nous jouons beaucoup, nous nous entraînons beaucoup, cela fait partie de notre équilibre, cela fait partie de notre vie.

A.G : Le tennis est un Yin et un Yang, c’est un art pour nous deux.

Grand Slam, 2021, Galerie Giese and Schweiger Photo @ Matthias Bildstein

E.L : La balle de tennis elle-même est comme le Yin et le Yang, les deux côtés s’imbriquant comme dans le symbole, mais de façon tridimensionnelle.

A.G : Le début de notre amitié, il y a quinze ans, était fortement ancré dans le tennis. Nous avons joué dans un petit club du Burgenland proche de la frontière hongroise et j’ai été très impressionné. Je pense que Laurent a été l’un de mes premiers adversaires internationaux. Et j’ai tout de suite ressenti l’enthousiasme que nous partagions.

L.A : Je me souviens d’un réveillon que nous avons passé chez toi. Tu m’as dit que tu avais participé à un camp de tennis à la Nick Bollettieri Tennis Academy en Floride, qui offre les meilleurs entraînements au monde. J’y étais également allé. Nous avons découvert que nous avions ce lien extraordinaire. Je rêvais de cette académie depuis de nombreuses années, et mon père m’a proposé d’y aller après avoir terminé mes études.

A.G : En effet, mais Bollettieri n’a pas réussi à faire de nous des joueurs de tennis professionnels, ce qui nous a permis de nous diriger vers un autre domaine : les arts, où nous sommes également liés. Le fait que nous partagions également cette passion nous a facilité les choses dès le début.

 

E.L : D’où est née l’idée de cette coopération ?

A.G : Je ne sais pas quand cela s’est produit. Nous avons maintenant ce nouvel espace à la galerie, avec des murs plus grands, et je pense qu’à un moment donné, nous nous sommes dit : « OK, essayons de faire quelque chose ensemble ». Il était tout à fait clair que ce serait lié au tennis. Nous avons programmé notre exposition durant l’Erste Bank Open de Vienne qui se déroule à la Stadthalle vers la mi-octobre. Comme Laurent a étudié l’architecture et que la Stadthalle est un site architectural intéressant à Vienne, nous avons pensé que notre exposition devait être liée à ce tournoi. Il y a donc quatre tableaux liés aux tournois du Grand Chelem et un à l’Erste Bank Open. C’est le concept que nous avons développé lors de notre premier entretien, et nous nous y sommes tenus. Pour moi, c’est un rêve devenu réalité de pouvoir relier ces deux grandes passions et de faire en sorte que le tennis soit présent sur le lieu où je travaille.

L.A : Je me suis rendu compte ces dernières années que le tennis était lié à mon art. Cela n’a pas toujours été évident. Lorsque des problèmes de jambes m’empêchaient de m’entraîner, le terrain me manquait et j’ai donc loué un court de tennis juste pour m’y asseoir et lire, pour être là.

 

E.L : Vraiment ? C’est magnifique.

L.A : Oui, parfois je viens regarder Alexander s’entraîner. Je ne porte pas de vêtements de tennis, je viens juste m’asseoir et regarder.

Dessin mural, Megève, 2022 Photo @ Gaïa Donzet 

E.L : Je peux m’identifier à cela. Quand j’étais enfant, mon père avait un restaurant adjacent à une salle de tennis, et j’adorais m’asseoir là, regarder et écouter les gens jouer. Je n’ai jamais joué moi-même, mais je comprends pourquoi vous aimez vous asseoir sur un court.

L.A : Il y a un mystère autour de la taille et des dimensions d’un court de tennis. Pour moi, un terrain de football est trop grand, alors qu’un court de tennis est tout simplement parfait. C’est comme une pièce, comme un endroit où l’on pourrait vivre, il a les proportions d’un appartement ou d’une maison. Bien que la télévision soit allumée sur des matchs en continue dans mon atelier, le court de tennis me manquait dans sa dimension physique. C’est pourquoi j’ai loué un court pour m’y promener. Je me suis approché très près des lignes et j’ai regardé chaque détail dont on ne se rend pas compte quand on joue. J’en suis venu à voir le court comme un plan géométrique.

A.G : Je peux aussi comprendre ce sentiment. Après avoir joué sur de la terre battue, le court est marqué en tous sens, vous passez le filet et vous vous assurez que les lignes brillent à nouveau. Pour certaines personnes, c’est juste quelque chose qui doit être fait, mais moi, j’aime prendre soin du terrain et lui redonner un bel aspect.

L.A : Tu as raison, un court de tennis est l’essence même d’un jardin zen : un jardin fait de pierres sans végétation, et vous en prenez soin avec cet outil en bois. C’est un moment d’introspection très particulier après chaque match que de déplacer le sable et de voir les lignes à nouveau nettes – nous faisons du jardinage, en quelque sorte.

 

E.L : Comment vos œuvres sont-elles liées au tennis ? Quel est le concept sous-jacent ?

L.A : Il y a un lien étroit entre la respiration, la liberté et le mouvement lorsque je travaille. En traçant au plafond une ligne d’un mètre de long perché sur une échelle de cinq mètres de haut, j’éprouve la même sensation que lorsque je joue un revers à une main sur le court. Mes peintures montrent des formes carrées ou rectangulaires reliées par des lignes perpendiculaires et parallèles. Ces formes sont également liées aux technologies et à la façon dont nous interagissons constamment avec tous ces écrans sur les téléphones portables et autres. Dans mon grand chaos de lignes, j’aime ouvrir ces fenêtres qui fixent le regard et me permettent d’introduire des émotions par la couleur. Les possibilités d’interaction avec les couleurs sont infinies, et les courts de tennis peuvent être colorés de vingt façons différentes. L’architecture des stades varie également. Chaque stade de tennis est une œuvre d’art – le court de l’Open d’Australie ressemble à une installation de James Turrell lorsque le toit est ouvert sur la nuit.

 

E.L : Mais un amateur de tennis serait-il capable de faire la différence entre un tournoi et un autre en regardant simplement vos peintures sans voir les titres ? Reconnaîtrait-il simplement les couleurs ?

L.A : Je pense que les aficionados le pourraient. Il y a quatre tableaux, et chacun d’entre eux a ses spécificités. Le site de l’Open d’Australie ressemble à une piscine bleue ou à un lagon. Je pense que c’est le stade le plus récent. Il a été construit comme une œuvre d’art, avec tous ses néons et ses publicités. Après cela, il y a les Internationaux de France au Stade Roland-Garros, où l’on revient sur terre avec le sable rouge et tous ses morceaux fragmentés. Puis vous passez à Wimbledon, qui est un jardin anglais, sans publicité et avec uniquement des vêtements blancs. C’est minimaliste au plus haut point ; c’est beau et cela procure un sentiment très spécial à chaque joueur, je pense. Enfin, il y a l’US Open : il y a beaucoup de bruit, tout le monde parle, on sent l’odeur des hamburgers, les avions passent au-dessus du central, c’est très urbain à l’image de New York, qui a été le berceau du hip-hop et du street art, et ça se ressent sur le court.

A.G : Je pense que si quelqu’un s’intéressant un minimum au tennis voyait ces quatre tableaux dans un ordre aléatoire et qu’on lui demandait de les replacer dans l’ordre des tournois du Grand Chelem, il serait capable de le faire correctement. On ne le voit pas, parce que ça ne se dit pas, mais on le sent.

Australian Open, 2023, paintmarker et acrylique sur toile, 100 x 70 cm 

E.L : Oui, c’est tout à fait logique, comme vous venez de l’expliquer.

L.A : Mais il n’y a pas que les couleurs, la façon dont j’ai organisé les formes est très spécifique à chaque tournoi. L’Open d’Australie est une sorte de piscine, donc vous avez ces tons bleus qui ressemblent à des reflets. Le tableau de Roland-Garros comporte des petits morceaux et des fragments, comme des grains de sable. Le tableau de Wimbledon est comme un jardin anglais, un labyrinthe. Et le tableau de l’US Open revient aux couleurs et au chaos organisé, c’est très énergique. Ce qui est important pour moi, c’est que mes peintures ne soient pas des illustrations de courts de tennis. Vous pouvez peut-être trouver une ligne et un petit carré et les utiliser comme un accès pour comprendre l’ensemble du tableau, mais ce n’est pas une illustration.

 

E.L : Pouvez-vous traiter le tournoi de Vienne de la même manière ? Ou bien est-il complètement différent et appelle-t-il une autre approche ?

L.A : C’est différent. Comme je suis les matchs sur un écran, il y a toujours cette distance. Chaque court de tennis est une nouvelle aventure. La Stadthalle est un endroit magnifique, c’est plein de bleus et de gris et de petites touches de rouge. Je ne classe pas mes émotions en fonction des différents courts, chaque court est beau. Au Cameroun, il existe une école de tennis pour les enfants défavorisés, l’Oyebog Tennis Academy. Là-bas, ils ne se contentent pas de jouer sur des courts, ils peignent aussi des lignes dans les rues, c’est incroyable. C’est la même chose que de jouer au football avec une canette de coca vide. C’est une question de mentalité, d’attitude, il s’agit de créer son hétérotopie personnelle, comme l’appelle Foucault, on crée son propre espace, sa propre maison, un espace où l’on se sent bien.

 

E.L : Votre propre jardin zen.

A.G : Et nous ne nous contenterons pas d’accrocher les tableaux au mur, mais nous créerons une scénographie ici. C’est pourquoi nous venons de commander une machine qui lancera des balles de tennis à travers la galerie. Tous ceux qui viendront et apprécieront l’exposition pourront ramener une balle de tennis chez eux en souvenir. La simple sensation de tenir une balle de tennis dans ses mains est tout simplement magnifique.

L.A : C’est une question de plaisir. Je suis un peintre français, et l’histoire de la peinture moderne connaît Bonnard, Matisse, Léger, et bien d’autres artistes français qui se sont tournés vers le plaisir et la beauté. Je suis profondément lié à cet âge d’or de la peinture, de la beauté, de la lumière, des surfaces. Pour moi, un tableau doit transmettre un sentiment positif. C’est comme lorsque vous allumez un écran : vous choisissez généralement quelque chose qui vous donne une grande énergie et vous fait peut-être changer d’humeur. C’est une exposition sur ce plaisir.

Wimbledon 2022, paintmarker et acrylique sur toile, 200 x 180 cm chacune 
Roland-Garros 2022, paintmarker et acrylique sur toile, 200 x 180 cm chacune 
US Open 2022, paintmarker et acrylique sur toile, 200 x 180 cm chacune 
Australian Open 2022, paintmarker et acrylique sur toile, 200 x 180 cm chacune 

E.L : En tant que conservateur d’art depuis de nombreuses années, j’ai l’habitude de travailler avec des espaces abandonnés, et l’on trouve plusieurs anciens courts de tennis en périphérie de Vienne qui sont si beaux.

L.A : C’est vrai, nous parlions de belles couleurs et de belles choses, mais il y a aussi cette désolation de quelque chose de vieux qui n’est plus utile. Il y a tous ces espaces abandonnés, comme les stations de bus au milieu de nulle part ou les vieux courts de tennis. Dans mon travail, il y a ce chaos dans lequel les couleurs fortes servent de moyen d’organisation, mais toutes les peintures du Grand Chelem partagent le même fond gris qui ressemble à quelque chose qui tombe en morceaux ou qui disparaît. C’était important, j’ai utilisé des pinceaux abrasifs pour créer l’effet de quelque chose de vieux qui a été utilisé, et j’aime ce contraste. Le tennis, ce n’est pas seulement des néons et des choses propres, c’est aussi le chaos, la déception et la tristesse qui vous envahit lorsque vous perdez des points. Ce n’est pas superficiel. Quand je travaille, je commence par une couleur, un petit morceau de jaune, par exemple, et je regarde quelle couleur sera la suivante. La peinture se développe comme une partition, comme une musique, elle est liée au son.

 

E.L : Comme une symphonie ou un morceau de jazz qui, à partir d’un certain rythme, d’un motif simple, se condense de plus en plus. Et comme dans le jazz, vous improvisez également au cours du processus. En même temps, vous procédez comme pour faire un collage. Vous construisez vos œuvres couche par couche. Les formes colorées et les lignes noires se relaient, se chevauchent.

L.A : Vous avez raison, comme je l’ai mentionné, la musique joue un rôle très important dans mon travail, j’aime parfois la jouer très fort, et cela m’aide à ne pas trop penser pendant que je peins ou dessine et à entrer dans un processus où je ne suis pas totalement conscient – au tennis, quand tout coule et se passe bien, on appelle cela être dans la zone. En ce qui concerne les peintures colorées de l’année dernière, j’avais ce sentiment d’être dans la zone. Alors que la couleur a un impact direct sur le cerveau et peut être ressentie de loin, mes lignes sont similaires à de l’écriture et il faut être plus près du tableau pour bien les assimiler.

 

E.L : Vous utilisez la couleur depuis quelques années. Avant cela, vos œuvres étaient majori- tairement en noir et blanc et exclusivement dessinées au marqueur sur des supports très variés. Vous vous orientez de plus en plus vers le domaine de la peinture sur toile ? Quel rôle joue le dessin pour vous ?

LA : Comme je dessinais beaucoup, je pensais plutôt à l’architecture et à la façon dont les choses se développent. Aujourd’hui l’impact de la couleur est très intense, il s’agit de textures et de matériaux, et comme notre monde est tellement numérisé, je veux l’utiliser pour ajouter une touche matérielle. Je n’abandonne pas le dessin, il est toujours présent, mais il est plus caché et constitue la base de mon travail actuel, tandis que l’ajout de la couleur est davantage lié à toutes les dimensions de notre monde et à ce qui rend la vie plus agréable. 

 

Article publié dans COURTS n° 14, printemps 2023.

Aux enfants de la chance

© Daniel Deladonne

À en croire Marvel et mon neveu de 9 ans qui ne manque pas une seule aventure de Spiderman, nous vivons dans un multivers, c’est-à-dire une constellation d’univers superposés dans lesquels nous évoluons cahin-caha, inconscients de notre multitude parallèle, peu enclins à penser qu’il existe, dans d’autres dimensions plus heureuses, de meilleures versions de nous-mêmes. Nul doute que, dans cet infini des possibles, il est une planète où Grigor Dimitrov a pleinement réalisé son potentiel ; j’irais même jusqu’à penser que, pas loin de la nôtre, il existe une Terre sur laquelle des tennismen français réussissent à gagner des Grands Chelems. Et tant qu’à être sur cette lancée, je mise mon polo en lycra anti-transpirant que, dans certains univers, tous les futurs champions de tennis bénéficient dès leur jeune âge d’un accompagnement à la hauteur de leur potentiel avec la bienveillance, l’engagement et l’environnement familial adapté à la concrétisation d’un projet professionnel un peu fou quand on est encore un enfant. 

Il faut dire qu’en la matière, la seule planète dont on mesure la gravité sur la balance n’est pas tout à fait à la hauteur des attentes. Les lecteurs réguliers de Courts connaissent désormais bien Edge, qui nous permet de vous faire découvrir les coulisses du monde du tennis, et dont le modèle d’accompagnement familial et plurisectoriel porte peu à peu ses fruits, en témoignent les résultats remarquables depuis des années de leurs protégées dans les catégories « Junior » et désormais chez les « Pro ». Eh bien, figurez-vous que, sans attendre l’hypothétique avènement d’une convergence des multivers, la structure s’est mise à accompagner de jeunes ados dans l’idée de les porter vers le haut niveau. Or, qui dit enfants dit familles, qui dit familles dit délicatesse et qui dit délicatesse, semble-t-il, dit Edge. 

© Daniel Deladonne

Détecter autrement

Guillaume Ducruet, agent et manager chez Edge en plus d’être le père d’un jeune joueur prometteur, résume assez bien le problème de la détection des jeunes enfants : « Les fédérations tendent souvent à faire leur choix en fonction des résultats quand elles recrutent leurs futurs joueurs. Or, à 13 ou 14 ans, il existe un vrai différentiel biologique entre les jeunes joueurs, notamment chez les garçons. Il est évident qu’un garçon de 14 ans qui mesure plus de 1,80 mètre et dont la croissance est terminée aura d’excellents résultats à son âge (ndlr : COURTS Magazine avait d’ailleurs publié un article très intéressant à ce sujet en prenant l’exemple emblématique de Julien Maigret) ; mais cela ne doit pas exclure les autres enfants qui ont d’autres qualités et atteindront leur plein potentiel athlétique plus tard. Sans l’œil expert de certains techniciens, ce processus aurait pu remettre en cause la carrière de jeunes joueurs à maturité physique lente, comme David Goffin ou Pierre-Hugues Herbert qui a d’ailleurs profité du double pour progresser au classement à l’adolescence… »

En Europe, il faut compter jusqu’à 50 000 euros par an pour mettre en place puis maintenir un projet sérieux de professionnalisation, entre les déplacements, le matériel, les entraînements, etc. D’où la nécessité de trouver une structure à même de soutenir la famille qui porte le projet, rôle traditionnellement dévolu aux Fédérations, alors que dans les pays de l’Est, les prétendus « mécènes » privés sont souvent la seule solution. Mais ils attendent des retours sur investissement… et ne se gênent pas pour les réclamer de manière musclée. 

De là, trois types de profils émergent chez les apprentis champions et leur famille : les privilégiés, façon Gulbis, qui peuvent se permettre de financer un projet fou sans certitude de retour sur investissement ; les débrouillards, façon Herbert, qui s’appuient sur leur réseau pour récolter de l’argent auprès des entreprises, des sponsors et des collectivités ; les autres, voués à l’abandon ou tenus de rembourser les sommes qu’ils réussiraient à réunir, quitte à ce que ce remboursement soit demandé avec l’amabilité d’un Makarov sur la tempe. 

Et bien sûr, il y a Edge : « Chez Edge, nous travaillons sur du temps long. Nous suivons chaque enfant de tournoi en tournoi, examinons tous les compartiments de son jeu, sa combativité, son envie, son mental, sa technique, son physique, tout comme l’attitude et le comportement en dehors du court, et nous rencontrons les parents… Quand nous sommes convaincus (en cas d’accord avec la famille) et prêts à investir nos ressources (aussi bien financières qu’humaines) en tant que partenaires à long terme, c’est donc sur la base de fortes convictions. Le processus de recrutement, dans lequel les différents experts de Edge interviennent dont Rick Macci, peut, selon les cas, prendre parfois plus d’un an ! Surtout que le déficit physique, chez ces jeunes joueurs, peut les conduire à développer des qualités de coup d’œil, de déplacement, d’endurance, qu’ils conserveront une fois leur croissance terminée. »

À la différence d’autres structures du même type, Edge propose un format d’accompagnement plus souple, qui peut s’apparenter au fonctionnement d’une fondation puisque rien n’oblige les familles à rembourser l’argent investi avant éventuellement que l’athlète n’atteigne le plus haut niveau ; ainsi, si le joueur décide par exemple d’aller dans une université américaine plutôt que de passer pro, la famille ne doit rien à l’agence. Face au multivers des offres, ce format, mêlé à la diversité des aides apportées par Edge, convainc bien souvent les joueurs et leurs proches. 

 

Un accompagnement total

Inutile de revenir dans le détail sur les prestations proposées par Edge : stages chez et avec Rick Macci en Floride, personnalisation des raquettes via Dieter Calle, accès à la statistique auprès de Fabrice Sbarro, solutions d’hébergement, préparateurs physiques dédiés, partenariat avec des Fédérations, bases d’entraînement à travers le monde, aide à l’obtention de visas et de Wild Cards… L’originalité est de proposer cet accompagnement dès le plus jeune âge pour que les futurs pros maximisent rapidement leur potentiel. Parce que l’idée est quand même d’aider ces jeunes passionnés à devenir forts, très forts même. Si forts d’ailleurs que Rick Macci, après avoir vu Sofiia Bielinska, 11 ans, jouer, a commencé à crier sur tous les courts qu’il n’avait jamais coaché une fille avec un potentiel pareil depuis les sœurs Williams il y a 30 ans. En même temps, cela peut se comprendre compte tenu de son parcours…

© Daniel Deladonne

Sisi la famille

Sofiia est ukrainienne, fille d’une ex-joueuse au modeste parcours pro. Après des débuts prometteurs, comme lors du tournoi Futures Stars d’IMG en 2021 (elle avait 10 ans et après avoir battu plusieurs participantes plus âgées, avait joué en double mixte face à Alcaraz), elle s’est vu proposer un contrat typique des grandes agences historiques. Sauf qu’il se serait agi de quitter l’Ukraine pour les USA et d’être séparée de sa mère, Olga, alors qu’elle ne parlait pas un mot d’anglais. Un refus et une invasion russe plus tard, voici Sofiia, sa mère, sa grand-mère et le chien (ne manquent plus que la reine et le petit prince) qui fuient l’Ukraine pour la Lettonie, quasiment sans ressource. 

Edge, averti de la situation, commence à aider bénévolement la famille par pur esprit solidaire afin de permettre à la petite de continuer à s’entraîner. Le temps aidant, des liens d’amitié et de confiance se tissent entre la famille et la structure, qui débouchent sur la signature d’un partenariat avec des engagements à long terme. En novembre dernier, Sofiia et sa famille ont ainsi pu rejoindre la Floride où la petite a disputé l’Orange Bowl et où, depuis, Rick Macci l’entraîne personnellement et quotidiennement. 

La famille a choisi de revenir fin avril sur le Vieux Continent pour quelques mois afin que Sofiia puisse participer aux tournois « Tennis Europe ». Ils sont du coup tous hébergés sur le bassin d’Arcachon dans la propriété d’un des Partenaires Fondateurs de Edge.

Ce fonctionnement familial a d’autant plus d’importance que s’occuper de jeunes enfants implique aussi de s’intégrer au sein des familles et de créer du lien commun. Comme l’explique Daniel-Sacha Fradkoff, co-fondateur de Edge : « Nous passons beaucoup de temps avec les familles avant de prendre des décisions, car nous avons besoin d’être certains que nous allons collaborer avec des personnes “Ra-Re” : Raisonnables /  Rationnelles – Reconnaissantes / Respectueuses. C’est à la fois une nécessité pour nous, en tant que partenaires pour qui l’aspect humain du projet est primordial, mais aussi pour les jeunes joueurs, car c’est l’assurance qu’ils seront équilibrés dans leur vie. »

Tout le monde a donc intérêt à ce que les parents ne soient pas fous, ce qui s’entend bien. Mais l’idée va plus loin, puisque cette convergence des valeurs a également vocation à créer un team spirit, comme on dit sur LinkedIn. En Floride, Sofiia et sa famille ont partagé un appartement avec David Cercel, autre jeune prodige de la bande d’origine roumaine, et sa mère Alina (elle-même ex-joueuse pro, actuelle capitaine de Fed Cup -BJK- et convaincue par la méthodologie de Edge). Barrière absolue de la langue et notions d’anglais très très approximatives côté Ukrainien. Cela n’a pas empêché les deux familles de se rapprocher et les jeunes enfants de réaliser ensemble de A à Z un gâteau pour l’anniversaire de Rick Macci, à croire que le sucre, plus encore que la musique, a valeur de langage universel. Cette logique d’entraide est au cœur du projet. C’est une question de valeurs, bien évidemment, mais pas uniquement. Une vie de tennisman semi-pro puis pro, c’est une vie de nomade. Pas d’école fixe, pas d’ancrage réel, des amis toujours loin… Cette camaraderie est cruciale pour le bien-être de l’enfant, au même titre que de savoir que ses parents sont associés au projet. 

Et pour les parents, il n’en va pas autrement. Ainsi Theo, le père du petit David (qui était pendant une douzaine d’années le préparateur physique de Simona Halep jusqu’à l’été 2022 et l’arrivée de Patrick Mouratoglou), qui aide volontiers bénévolement d’autres jeunes de Edge dès qu’il en a l’occasion.

 

Les parents, ces solitudes agrégées

Accompagner un enfant sur ce chemin de la professionnalisation, c’est parfois très dur pour les parents qui peuvent se retrouver isolés socialement. D’une part, quand il faut se lever tous les dimanches matin et faire de la route pour accompagner ses enfants à un tournoi qui n’est pas tout à côté, cela empêche de se rendre aux dîners où l’on est invité. Mais surtout, c’est un projet qu’il faut vivre pour pouvoir se le représenter et la plupart des gens projettent des idées fausses. Entre ceux qui pensent que c’est un caprice parental subi par le gamin et ceux qui voient derrière cette volonté d’accompagner un enfant dans sa passion une manifestation de prétention, on peut se retrouver coupé du monde. D’où aussi l’importance d’avoir une unité familiale forte tout comme de pouvoir échanger, partager.

Cette logique d’entraide se concrétise parfois très clairement, comme lorsqu’un autre jeune joueur de Edge, Daniil Valter, 12 ans, Russe vivant en Serbie, est allé jouer un tournoi junior en Roumanie. Il est arrivé sur place une dizaine de jours plus tôt et a alors été hébergé par la famille de David, son homologue roumain pré-ado comme lui, avec qui il partage par ailleurs une passion commune pour les Lego. Doubles, entraînements communs avec un des coachs envoyés par Edge pour l’occasion, vie de famille loin de sa propre famille et sans doute beaucoup de constructions en briques de plastique. Une certaine idée de la normalité et du bien-être. 

Car pour les parents comme pour le climat, il n’y a pas de planète B. Si les entraîneurs passent, leur enfant, lui, est unique. Une fois le projet échafaudé, difficile de revenir dessus sans avoir l’impression de renoncer, de décevoir. Se savoir partie intégrante d’une communauté change tout au problème.

Une communauté réunie autour de valeurs d’entraide et qui sait qu’au bout de l’aventure leurs enfants ne seront pas tout à fait pareils aux autres enfants. À force de voyager, de discuter dans toutes les langues, de porter sur leurs épaules la réussite d’un projet dans lequel leurs parents ont investi du temps, de l’argent et de l’énergie, les jeunes joueurs développent des aptitudes qui ne s’apprennent pas en cours d’Éducation civique à l’école. Ils apprennent des langues, découvrent prématurément le pouvoir de la résilience, le goût de l’effort, l’abnégation, la solitude et la débrouillardise. Autant de qualités d’adultes bien utiles dans le monde du travail et qui leur ouvrent les portes de grandes universités américaines, bourses à l’appui. 

Et pour s’assurer que toutes ces qualités développées très tôt conviennent à l’enfant, il est incontournable d’intégrer les parents dans le dispositif. D’autant que ce sont eux qui ont les codes Disney+ grâce auxquels, après une bonne journée d’entraînement et un match gagné, les gamins pourront se régaler du Spiderverse. 

Parce qu’ils restent malgré tout des enfants, même s’ils nous mettraient une déculottée sur le court. 

 

Article publié dans COURTS n° 14, printemps 2023.

Diviser pour rassembler

Le Tennis Park System 4

© Régis Colombo

C’est l’histoire d’un ancien prof de sport qui se demandait quoi faire au moment de sa retraite. L’histoire d’un amoureux du tennis qui ne voulait plus constater, impuissant, la désaffection des jeunes pour la balle jaune fluo. C’est l’histoire d’une idée à même de reconnecter les jeunes au tennis et les familles au sport. C’est l’histoire d’un rassemblement qui commence par une division.

La division, c’est celle du court. Toutes celles et ceux d’entre vous qui ont un jour été enfants s’en rappellent peut-être (et s’en souviennent plus certainement si, depuis ce temps béni où l’on ignorait ce qu’était une lettre recommandée, ils ont essayé d’initier des enfants au maniement de la raquette) : le tennis, au début, c’est dur. Au menu d’une première séance, on retrouve de la frustration, une incapacité à renvoyer la balle, un sentiment d’impuissance, des engueulades et la tentation de l’abandon. Le tennis est un sport exigeant et difficile et, avant de faire de votre enfant le futur Federer, il faudra le convaincre de retourner sur le court malgré sa mauvaise première expérience. 

C’est précisément le sens du système développé par Michel Russillon, vous savez, cet ancien prof de sport et de tennis que j’évoquais dans le premier paragraphe. Fort d’un constat indiscutable (le plaisir de jouer est central chez les enfants), il s’est mis en tête de créer un système permettant à tous, enfants et familles, de profiter du tennis dès la prise en main de la raquette tout en valorisant les infrastructures des clubs. Pour élargir le spectre des vocations et ramener de nouveaux pratiquants, il s’agit de conjuguer sur un même court divisé en 4 terrains toutes les pratiques paratennistiques qui explosent en Amérique : le pickleball, l’urban tennis (également appelé touchtennis), le cardio tennis et le pop tennis. 

Et voilà sur un même espace réunis toutes les générations possibles et tous les niveaux d’apprentissage. Car l’idée est d’adapter les terrains à la taille des enfants pour maximiser le plaisir et éviter la frustration. 

L’idée est venue à Michel Russillon en visitant les terrains de Californie où son fils s’était installé. Pour attirer de nouveaux publics, les clubs s’étaient adaptés pour proposer, en plus du tennis classique, des formats de jeu plus simples et plus amusants. Balles et raquettes évolutives, accès direct au jeu, le tout en complément de la pratique adulte classique à laquelle accèderont en temps voulu les jeunes initiés. 

Le kit s’installe facilement sur un terrain classique : de 4 à 6 ans, les enfants sont dirigés vers le mini club, avant de rejoindre l’espace Kids jusqu’à 8 ans et le court central à 10 ans, aux dimensions plus larges. Des codes couleur stimulent l’imaginaire des jeunes joueurs qui cherchent à s’améliorer pour passer d’un terrain à l’autre dans l’idée, un jour, d’obtenir la consécration sur le court central. 

Cette proposition permet également aux clubs de proposer des solutions complètes aux familles et de transmettre les valeurs du sport : pendant que les parents jouent sur les courts classiques, les enfants peuvent s’épanouir sur des terrains adaptés à leur niveau et leur gabarit. 

© Régis Colombo

Et les retours sont excellents. A la Halle Beaulieu, où Michel Russillon a installé pour la première fois le System 4, le club a retrouvé des couleurs, sans mauvais jeu de mots. Plus de convivialité, de nouveaux publics conquis, un divertissement accru : dans la société de l’immédiateté et du viral, ces arguments comptent. 

Depuis, Suisse Tennis, qui soutient le projet, a permis d’ancrer plus encore le projet en favorisant son installation dans des grandes villes. La fédération suisse a d’ailleurs créé ad hoc un département “Tennis populaire” pour aider le sport à sortir des murs et à entrer en résonance avec les services des sports dans les villes et les écoles. C’est là le sens de l’histoire. 

La preuve : on voit depuis quelques années se multiplier les initiatives du genre. Urban tennis à Roland, pop tennis à l’Open d’Australie, etc. La solution System 4 a le mérite de réunir toutes ces innovations en minimisant les coûts, les clubs n’ayant qu’à acquérir le kit et la licence d’exploitation et à mobiliser un terrain pour proposer cette prestation.

Intuitivement, à force de parler de l’avenir du tennis, on pourrait penser que ces disciplines mutantes seront un jour amenées à supplanter le sport tel que nous le connaissons. Ce n’est pas le cas : touch tennis, pickleball et autres dérivés doivent être envisagés comme des compléments ludiques qui favorisent l’initiation des jeunes et le maintien en forme de celles et ceux qui ne se sentent pas de cavaler 3 heures en plein cagnard sur un vrai terrain avec une raquette de 450 grammes à la main. On ne leur jette pas la pierre. 

“The future is in racquets programs“ assurait Simon Gale, le directeur des sports de raquette de l’USTA, en 2022. Peu à peu, cette idée fait son chemin et infuse dans les fédérations et auprès des clubs. Jusqu’à s’implanter partout dans le monde ? 

Diviser pour mieux régner, dit-on. Cela marche aussi pour rassembler.